89 mois, Caroline Michel

michel caroline 89-mois[Dédicace le samedi 25 juin, 15h]

Jeanne vient de fêter ses 33 ans. Pour rire, certains lui disent qu’elle a atteint l’âge du Christ. Pour elle, elle s’approche dangereusement des 40. L’âge à partir duquel il sera compliqué d’avoir un enfant. Elle calcule. 7 ans, c’est seulement 89 mois. Tout de suite, ça semble peu. Ça semble être demain.

Depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, elle a ce rêve de « fonder une famille ». Le désir d’enfant, c’était inné. Parmi les garçons qu’elle rencontrait, elle cherchait plus le futur père que le beau mec.
Avec Julian, il y a un an, elle a cru que c’était bon. Après plusieurs années, la question s’est posée franchement. Avec une envie commune. Puis Julian, du jour au lendemain, est parti parce qu’il avait « besoin d’air ». Et maintenant. Jeanne se dit qu’elle n’a plus de temps à perdre à essayer de trouver une relation qui fonctionne, pour qu’après un, deux, trois, six, dix ans, le type s’en aille et la laisse seule avec son désir d’enfant comme un creux sous son ventre plat.
Alors Jeanne décide de faire un enfant toute seule. Tout le monde va plus ou moins se dresser contre elle (sauf Léo, son amie et collègue). Pour affronter ses peurs, ses frustrations, cette impression violente de ne pas aboutir à quelque chose de viscéral, elle se retrouve souvent seule. Et à cela s’ajoute tout le parcours de combattante dont les batailles sont loin d’être gagnées d’avance.

Caroline Michel campe ses personnages avec un réalisme incroyable. On y croit. Et si on ne s’y reconnaît pas forcément, on en a connu des femmes comme Jeanne. Qui semble obsédée par ce manque. Incomplète.
Un livre qui parle d’aujourd’hui, de cette société où il est compliqué de trouver l’équilibre parfait entre travail et famille. Où tout va trop vite.
Avec un ton naturel, Caroline Michel parvient à faire de son histoire un témoignage frappant, émouvant, drôle et allant droit au but, d’une efficacité redoutable. Difficile de lâcher ce livre tant que l’on n’est pas arrivé à la fin. Car, à chaque page, on a envie de voir enfin Jeanne se sortir de cette impasse. A chaque page, on a peur pour elle et ce qu’elle tente (parfois dangereux).

Un livre éclairant et furieusement d’actualité, à l’écriture ciselée et mordante, qui devrait se retrouver entre toutes les mains.

Éditions Préludes (04.05.2016)

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