Un monde sans rivage, Hélène Gaudy

monde sans rivage gaudy actes sudEn 1897, trois hommes partent en dirigeable survoler le Pôle Nord, pour le cartographier du ciel, le photographier, pour y larguer une balise qui marquera leur passage. Seulement, ils s’écrasent. En plein milieu de la banquise.
Trente ans plus tard, on retrouve leurs corps, et les traces qu’ils laissent derrière eux (photos, journaux, tissus…).

Hélène Gaudy raconte aujourd’hui cette histoire, après s’être documentée sur qui étaient ces hommes, ce qu’ils ont vécu, et puis elle a comblé les blancs. Ce livre devient alors à la fois un document sur ces explorateurs un peu fous, rêveurs, ambitieux, et un roman palpitant sur des personnages forts, confrontés à un monde rude. Lire la suite

Ce que l’on sème, Regina Porter

Aux États-Unis, une famille d’ascendance irlandaise, une autre afro-américaine et soixante ans de parcours individuels se rencontrent et s’entrelacent autour de l’Histoire avec un grand H.

Dans les années soixante, pendant que James Vincent fuit sa famille dysfonctionnelle pour devenir un éminent avocat à New York, Agnès Miller aussi quitte sa vie natale pour New York suite à une rencontre traumatisante avec des policiers qui chamboule son existence. Bien que ces deux-là ne se rencontreront jamais, le destin de leur famille et descendants respectifs deviendront inextricablement liés. De la lutte pour les droits civiques à la présidence Obama, en passant par la guerre du Vietnam, chaque personnage traverse la grande histoire en vivant simplement la sienne, avec ses coups de cœur et coups de poignard, ses élans d’humanisme et ses relents d’égoïsme, ses besoins d’évasion et ceux de retour aux origines.

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Le ghetto intérieur, Santiago H. Amigorena

Vincente , d’origine polonaise s’installe à Buenos Aires à la fin des années 20.Laissant sa mère et son frère, il assiste de l’autre côté de l’Atlantique à la montée du fascisme, au quartier juif devenu un ghetto. Vincente au fil des pages sombre dans le silence .De son exil, il ressent culpabilité, incapacité à agir, à délivrer sa famille de la barbarie qui les attend. Des rares lettres qu’il reçoit de sa mère, Vincente ne peut  ressentir que sa propre impuissance allant jusqu’au désir de mort. Santiago H. Amigorena décrit avec justesse les sentiments dévorant de tristesse  d’un homme enfermé dans le silence de plus en plus noir, si loin, à l’abri mais complètement désarmé.

Edition P.O.L (2019)

Les testaments, Margaret Atwood

les testaments atwood robert laffont booker prizeSuite de La Servante Écarlate (publié en 1985). Alors que ce premier opus était raconté de l’intérieur de la société totalitaire Galaad, à travers les confessions d’une Servante (un témoignage qui faisait ressentir toute l’oppression, la déshumanisation, la souffrance), Margaret Atwood fait basculer les points de vue et l’atmosphère dans Les Testaments. Ici, trois témoignages retrouvés, des « testaments », traces d’un régime qui s’effrite, se nécrose de l’intérieur.
Tante Lydia, la vieille et indétrônable Tante de Galaad. Femme de pouvoir, femme qui a aidé à la mise en place de ce système. Qui forme les autres Tantes, les Servantes et les futures Épouses. Ses confessions, écrites en secret, planquées dans un ouvrage de sa bibliothèque personnelle, dévoilent les travers d’un système basé sur la duplicité, le mensonge, la suprématie perverse et malsaine des hommes.
Agnes Jemima, une jeune fille de Galaad, qui n’a connu que ce pays, que ses règles. De bonne famille, mais qui découvre petit à petit tous les défauts et les secrets de son gouvernement, a du mal à accepter le rôle qu’on lui attribue.
Daisy, la jeune canadienne, qui du jour au lendemain va avoir sa vie bouleversée. Ses parents assassinés, résistants contre Galaad, elle, enfant, réfugiée qui se retrouve à ne plus savoir qui elle est, et découvrir son passé tout en prenant place dans la résistance. Lire la suite

L’horizon qui nous manque, Pascal Dessaint

horizon qui nous manque dessaint rivages[Pascal Dessaint sera présent au salon Paris Polar 2019 – samedi 23 et dimanche 24 novembre – mairie du 13e]

Au milieu des dunes, pas très loin de la jungle de Calais. Trois personnages vont vivre, survivre, dans des mobil home.

Lucille est paumée. Elle a tout donné à la jungle de Calais, trop donné. Elle y a perdu sa mère (qui ne lui parle plus parce qu’elle a tout lâché pour les migrants), son copain (qui s’intéresse à la faune locale et se désespère de la voir maltraitée – notamment par la création de la jungle), et l’impression de servir à quelque chose, que sa vie a un sens.
Elle rencontre Anatole, le vieux chasseur des dunes, qui sculpte et peint des oiseaux moches, fait pousser plein de chlorophytum, collectionne les bons de réductions, et cite Gabin à toute berzingue.
Il vit dans un mobil home, et accepte de sous louer le deuxième à Lucille.
Puis Loïk débarque. Il annonce tout de suite qu’il a fait de la prison, et cherche un endroit où loger. Il vise la vieille baraque à frites abandonnée qui traîne entre les mobil home. Anatole accepte.

Un trio de gens seuls, malmenés par la vie. qui ont connu pas mal de déboires, et se renferment dans une solitude rassurante. Lire la suite