L’enchanteur pourrissant, Apollinaire

Salué par André Breton, L’enchanteur pourrissant est la première œuvre publiée de Guillaume Apollinaire, écrite à 18 ans, et encore très mal connue du public.

Entre théâtre, poésie et nouvelle, cette histoire très courte est teintée de légende arturienne, centrée sur le personnage de Merlin. Apollinaire l’imagine comme un anté-Christ, fils d’une jeune femme qui ne peut se résoudre au mariage, mais cède charnellement au Diable. En grandissant, Merlin devient comme son père, retors, déloyal et pervers, bien qu’il n’en connaisse l’identité. Il s’exilera dans les forêts obscures, où il rencontrera Viviane / Morgane, dont il tombera éperdument amoureux, mais qui lui jouera un bien mauvais tours…le condamnant à une existence immortelle, enseveli sous terre, « pourrissant ». Lire la suite

Faites moi plaisir, Mary Gaitskill

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Quin est un éditeur new yorkais qui vient de se faire licencier pour comportement inapproprié envers ses collaboratrices, secrétaires. Son amie Margot , consciente de de la punition qui lui est infligé, va néanmoins le défendre. Ce livre nous interroge sur la zone grise, le consentement. Qu’est ce que la dernière limite de ce qui est acceptable et ne pas la franchir? En effet, Quin ne voulait pas faire de mal ou de manquer de respect.Il a taquiné peut etre un peu trop. De cette histoire, on apprendra qu’une pétition d’une centaines de femmes signataires nommant les multiples agresseurs exigera que personne ne les embauche. Un récit court, à deux voix celles de Quin et de Margot qui marque une fois de plus la subordination des femmes au niveau social. Lire la suite

Les optimistes, Rebecca Maccaï

les optimistesrebecca makkai

Entre 1985 à 2015, nous suivons la vie de membres d’un groupe de jeunes (hommes et femmes),  formé à l’université. Ces jeunes vont faire face à la pandémie des années 80 : LE SIDA. Nous vivons avec eux la vie du membre du groupe et aussi la mort des uns et des autres, le combat face à la vie et le deuil que chacun vit à sa manière suite à la mort de l’un des leurs. En dehors de l’historique d’une pandémie qui n’est toujours pas terminé, nous prenons part au combat et à l’amour de la vie qui caractérise ce groupe d’amis.

« Rebecca Makkai met en lumière cette tragédie de l’Amérique moderne que beaucoup cherchent à oublier. Un roman habile, puissant et d’une grande beauté. » Chicago Review of Books

« Un voyage saisissant… Rebecca Makkai livre une réflexion inoubliable, non sur la mort, mais sur le pouvoir de la vie. » Publishers Weekly

Rebecca Makkai vit actuellement à Chicago avec son mari et ses deux filles. Après Chapardeuse (Gallimard, 2012), Les Optimistes est son second roman traduit en français.

Traduction de l’anglais (Etats Unis) de Caroline Bouet

Parution Janvier 2020

Editions Les escales

Eaux profondes, Patricia Highsmith

eaux profondesÀ Little Wesley (ville imaginaire dans le Massachussets) s’épanouit tranquillement une bourgeoisie américaine. Entre les soirées, les invitations aux barbecue, les soirées costumées, les journées s’écoulent agréablement.
Sauf qu’un couple détonne un peu : Vic et Melinda. Marié.e.s depuis une dizaine d’années, avec une petite fille discrète, sont invité.e.s partout. Seulement Melinda trompe ouvertement Vic. Elle ramène ses conquêtes aux soirées, s’enivre, danse avec, leur murmure à l’oreille. Et quand elle se lasse, ou quand l’un d’eux doit retourner dans sa région, elle en trouve un autre.
Vic laisse faire. Protégé par un flegme et une patience qui suscitent l’admiration et la stupéfaction de ses proches. Par jeu, par provocation par ennui, par fierté, il susurre à soir à l’oreille de l’amant du moment qu’il aurait assassiné le précédent (son meurtre non élucidé a fait la une des journaux). Lire la suite

Le monde n’existe pas, Fabrice Humbert

le monde n'existe pasAdam Vollmann journaliste enquête sur le crime passionnel d’une jeune mexicaine violée et tuée par son ami d’enfance Ethan Shaw à Drysden, petite bourgade perdue peu accueillante dans le Colorado aux États Unis. Au fil des pages, plantant un décor symbolique de la vie quotidienne des étudiants de l’époque, le roman se métamorphose en enquête inhabituelle. En effet, face aux fakes news, aux références cinématographiques (Wells, Hitchcock), aux montages, aux mensonges, à la fiction, on est face à une dystopie. Et si le monde n’existait pas ? Si la rumeur le mensonge ne faisaient qu’alimenter cette enquête difficile à dénouer au milieu des souvenirs d’enfances… ? On se retrouve dans une ambiance lynchienne, sombre, en arrière-plan les paysages de Twin Peaks. « Drysden n’existait pas. Le monde n’existe pas. Le monde est une histoire pleine de bruit et de fureur. »

Editions Gallimard Janvier 2020