Pacifique, Stéphanie Hochet

pacifique hochet rivagesGuerre 39-45. Un jeune pilote japonais est sur le point d’effectuer une mission suicide : faire écraser sur avion sur la flotte américaine. Encore gorgé de patriotisme, la peur et le doute s’installent quand même en lui. Son sacrifice servira-t-il à quelque chose ? Il commence alors une introspection, se rappelant son enfance, son éducation, ses idéaux… qui l’ont menés jusque là.

Un livre doux et tendre envers ce jeune japonais, Isao, terrorisé à l’idée de sacrifier sa vie pour son pays, tout en en mesurant l’honneur et le devoir. On découvre comment il a été endoctriné par sa grand-mère, dès son plus jeune âge, son esprit modelé à un patriotisme aveugle. Isao a vécu longtemps isolé – cours particuliers – puis a rejoint l’école de pilote. La réussite et la primauté de l’honneur avant tout. Lire la suite

Crève, mon amour, Ariana Harwicz

creve mon amour harwiczQuelque part, à la campagne, une jolie maison qui mérite quelques travaux. Un homme et une femme, mariés. Un bébé. C’est l’été, l’homme joue avec son fils dans la piscine en plastique installée dans le jardin. La femme est postée, à l’ombre, et imagine que la chaleur caniculaire, dans sa main, se transforme en couteau. Mais elle se lève, et va juste étendre le linge.

Ariana Harwicz signe un roman sans fard sur une femme qui lutte contre l’ennui, les nuits d’insomnie, l’emprisonnement, le carcan d’une vie, et les pulsions violentes qui l’envahissent, fissurent son enveloppe de femme, d’épouse et de mère.

Un monologue entre poésie, folie, détresse et violence, qui dénonce l’enfermement des femmes dans des modèles imposés par un monde patriarcal aveugle, sourd et égoïste. Lire la suite

PLS, Joanne Richoux

pls joanne richouxSacha et Angie, jumeaux, se préparent pour une grosse soirée, chez eux. Sacha traîne un peu les pieds. Soirée déguisée, à revoir tout le monde, à mettre le masque de la cordialité, de la joie, de la légèreté. Sacha n’a pas envie. Angie le motive. Après quelques gorgées d’un mauvais vin et quelques cachets de xanax, il déambule dans la soirée, danse, roule des pelles, cogne les corps, se cogne le coeur.

On suit les traces de Sacha, son regard désabusé et triste sur le monde et les autres, son émotion lorsqu’il voit Elle, sa colère sombre, son humeur noire.

Joanne Richoux, dans une langue crue et directe (la langue de Sacha, d’un jeune de dix huit ans en plein mal-être) bouscule lecteur et lectrice dans un récit bouleversant et percutant. D’une grande justesse sur cette période pleine de bouleversements, entre rage de vivre et pulsion de mort.

Avec une bande son qui se déroule à chaque chapitre, des titres rock qui bousculent, et une référence incontournable à Bret Easton Ellis, PLS est un roman qui, court comme un uppercut, vous mettra K.O.

Editions Actes Sud (2020)

Moi Tina Modotti, heureuse parce libre, Gérard de Constanze

Tina Modotti, d’origine italienne est une femme libre de la fin du 19ème siècle. Tour à tour, muse, actrice de théâtre, elle devient une photographe émérite et amante de figures politiques comme le révolutionnaire cubain Julio Antonio Mella de 15 ans son cadet. La camarade Tina Modotti poursuit son engagement politique auprès des plus faibles, animée d’une forte volonté de porter assistance aux exilés cubains.

Une vie d’errance depuis les Etats Unis au Mexique en passant par Berlin, l’Espagne, Paris notamment s’ouvre pour cette Mata Hari du Kominstern qui croisera Frida Kahlo, Diego Rivera, Capa, Seymour, Weston, célèbre photographe américain.

Tina Modotti est une femme libre, libertaire, libertine, trop libre pour son temps et son milieu. Merci à Gérard de Cortanze de nous offrir un portrait de femme scandaleuse mais courageuse

Editions Albin Michel

Écrivain, éditeur aux éditions Albin Michel, membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, Gérard de Cortanze a publié plus de 80 livres, traduits en vingt-cinq langues. Parmi eux, des romans (Les Vice-Rois, prix du roman historique ; Cyclone, prix Baie des Anges Ville de Nice ; Assam, Prix Renaudot ; Banditi ; Laura ; Indigo, prix Paul Féval ; L’An prochain à Grenade, prix Méditerranée ; Les amants de Coyoacan…, Zazous, des essais (Jorge Semprun, l’écriture de la vie ; Hemingway à Cuba ; J.M.G. Le Clézio, le nomade immobile ; Pierre Benoit, le romancier paradoxal, prix de l’Académie française), et des récits autobiographiques (Une chambre à Turin, prix Cazes-Lipp ; Spaghetti ! ; Miss Monde ; De Gaulle en maillot de bain ; Gitane sans filtre…), Frida Kahlo, la beauté terrible.

Comme un tison sauvé du feu, Meira Barer

[Dédicace le 11 mars 2020 à 17h30, pour une rencontre inoubliable] 

Ecrire pour ne pas oublier, tel est le devoir de mémoire que nous offre Meira Barer. Il a fallu 50 ans pour que les souvenirs soient posés sur des feuilles de papier.

Meira Barer avait 9 mois lorsqu’elle fut raflée le 16 juillet 1942 au Vel d’Hiv. Cachée, rescapée, sauvée, ayant perdu son père et ses grands parents, Meira Barrer, dans son autobiographie bouleversante, nous raconte les étapes de sa reconstruction d’enfant cachée, cette résilience peu commune pour lier bout à bout tous les maillons de sa vie : la séparation, la rage, la réparation, la consolation, l’hébraïsation, la transmission, la filiation et la réconciliation.

Editions les trois colonnes