PLS, Joanne Richoux

pls joanne richouxSacha et Angie, jumeaux, se préparent pour une grosse soirée, chez eux. Sacha traîne un peu les pieds. Soirée déguisée, à revoir tout le monde, à mettre le masque de la cordialité, de la joie, de la légèreté. Sacha n’a pas envie. Angie le motive. Après quelques gorgées d’un mauvais vin et quelques cachets de xanax, il déambule dans la soirée, danse, roule des pelles, cogne les corps, se cogne le coeur.

On suit les traces de Sacha, son regard désabusé et triste sur le monde et les autres, son émotion lorsqu’il voit Elle, sa colère sombre, son humeur noire.

Joanne Richoux, dans une langue crue et directe (la langue de Sacha, d’un jeune de dix huit ans en plein mal-être) bouscule lecteur et lectrice dans un récit bouleversant et percutant. D’une grande justesse sur cette période pleine de bouleversements, entre rage de vivre et pulsion de mort.

Avec une bande son qui se déroule à chaque chapitre, des titres rock qui bousculent, et une référence incontournable à Bret Easton Ellis, PLS est un roman qui, court comme un uppercut, vous mettra K.O.

Editions Actes Sud (2020)

Moi Tina Modotti, heureuse parce libre, Gérard de Constanze

Tina Modotti, d’origine italienne est une femme libre de la fin du 19ème siècle. Tour à tour, muse, actrice de théâtre, elle devient une photographe émérite et amante de figures politiques comme le révolutionnaire cubain Julio Antonio Mella de 15 ans son cadet. La camarade Tina Modotti poursuit son engagement politique auprès des plus faibles, animée d’une forte volonté de porter assistance aux exilés cubains.

Une vie d’errance depuis les Etats Unis au Mexique en passant par Berlin, l’Espagne, Paris notamment s’ouvre pour cette Mata Hari du Kominstern qui croisera Frida Kahlo, Diego Rivera, Capa, Seymour, Weston, célèbre photographe américain.

Tina Modotti est une femme libre, libertaire, libertine, trop libre pour son temps et son milieu. Merci à Gérard de Cortanze de nous offrir un portrait de femme scandaleuse mais courageuse

Editions Albin Michel

Écrivain, éditeur aux éditions Albin Michel, membre de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique, Gérard de Cortanze a publié plus de 80 livres, traduits en vingt-cinq langues. Parmi eux, des romans (Les Vice-Rois, prix du roman historique ; Cyclone, prix Baie des Anges Ville de Nice ; Assam, Prix Renaudot ; Banditi ; Laura ; Indigo, prix Paul Féval ; L’An prochain à Grenade, prix Méditerranée ; Les amants de Coyoacan…, Zazous, des essais (Jorge Semprun, l’écriture de la vie ; Hemingway à Cuba ; J.M.G. Le Clézio, le nomade immobile ; Pierre Benoit, le romancier paradoxal, prix de l’Académie française), et des récits autobiographiques (Une chambre à Turin, prix Cazes-Lipp ; Spaghetti ! ; Miss Monde ; De Gaulle en maillot de bain ; Gitane sans filtre…), Frida Kahlo, la beauté terrible.

Comme un tison sauvé du feu, Meira Barer

[Dédicace le 11 mars 2020 à 17h30, pour une rencontre inoubliable] 

Ecrire pour ne pas oublier, tel est le devoir de mémoire que nous offre Meira Barer. Il a fallu 50 ans pour que les souvenirs soient posés sur des feuilles de papier.

Meira Barer avait 9 mois lorsqu’elle fut raflée le 16 juillet 1942 au Vel d’Hiv. Cachée, rescapée, sauvée, ayant perdu son père et ses grands parents, Meira Barrer, dans son autobiographie bouleversante, nous raconte les étapes de sa reconstruction d’enfant cachée, cette résilience peu commune pour lier bout à bout tous les maillons de sa vie : la séparation, la rage, la réparation, la consolation, l’hébraïsation, la transmission, la filiation et la réconciliation.

Editions les trois colonnes 

Préférer l’hiver, Aurélie Jeannin

preferer l'hiver aurelie jeanninDeux femmes, une mère et sa fille, endeuillée, meurtrie, ont tout quitté. Elles sont parties, trouver refuge dans une cabane, au coeur de la forêt. Elles vivent là, à se nourrir de l’essentiel – de leurs récoltes, de leurs quelques courses faites dans la ville la plus proche, à plus d’1h30 en voiture – à lire, se partager les mots des autres, pour mettre un son, une image, sur ce monde qu’elles ont fui, qu’elles ne comprennent plus.

La narratrice, la fille, raconte leur quotidien, leur douleur et leur force.

Aurélie Jeannin signe un roman à l’écriture intense, des phrases concises où le lecteur devra se faire une place, laisser les émotions brutes résonner comme un écho dans le silence d’une forêt en plein hiver. Un style âpre où le givre craque, la neige étouffe les bruits, les animaux se blottissent, où ces deux femmes apprennent à vivre leur solitude et leurs pertes. Un livre qui ne raconte pas le deuil, mais le rend palpable, lui donne chair, comme un compagnon douloureux mais nécessaire. Un livre qui parvient à faire sentir la puissance de la résilience de ces deux femmes.

Editions Harpercollins (2020) 

Kim Jiyoung née en 1982, Cho Nam Joo

Vivre le quotidien depuis sa naissance d’une jeune coréenne née dans les années 80 à nos jours est le sujet central de ce roman. En effet, la condition féminine est sans cesse remise en question. L’avenir au féminin tente de faire sa révolution grâce à l’éducation des hommes.

Kim Jiyoung est la voie de toutes ces femmes coincées entre le rôle de mère et l’envie d’être l’égale de l’homme. Un livre sur la société coréenne au machisme ordinaire où la femme est instrumentalisée. L’héroïne s’insurge contre le patriarcat et en veut à la société toute entière. Et si on inversait les rôles, jugerions-nous les hommes de la même façon ?

Edition Nil 

Cho Nam-joo est née en 1978 en Corée du Sud. Scénariste pour la télévision, elle publie en 2016 son premier roman, Kim Jiyoung, née en 1982. Dès sa sortie, le roman crée la polémique. C’est l’un des rares livres à avoir dépassé plusieurs millions d’exemplaires en Corée.