Ce que l’on sème, Regina Porter

Aux États-Unis, une famille d’ascendance irlandaise, une autre afro-américaine et soixante ans de parcours individuels se rencontrent et s’entrelacent autour de l’Histoire avec un grand H.

Dans les années soixante, pendant que James Vincent fuit sa famille dysfonctionnelle pour devenir un éminent avocat à New York, Agnès Miller aussi quitte sa vie natale pour New York suite à une rencontre traumatisante avec des policiers qui chamboule son existence. Bien que ces deux-là ne se rencontreront jamais, le destin de leur famille et descendants respectifs deviendront inextricablement liés. De la lutte pour les droits civiques à la présidence Obama, en passant par la guerre du Vietnam, chaque personnage traverse la grande histoire en vivant simplement la sienne, avec ses coups de cœur et coups de poignard, ses élans d’humanisme et ses relents d’égoïsme, ses besoins d’évasion et ceux de retour aux origines.

Une merveilleuse fresque qui magnifie la petitesse du monde, les six degrés de séparation qui nous lient sans en avoir l’air à des gens auxquels nous ne pensons même pas. Un premier roman magistral démontrant une fois de plus, et besoin l’en est, que les différences qui nous éloignent les uns des autres ne sont que des masques, des injonctions sociétales de classe, de genre et de couleur qui n’ont aucune valeur humaine. Entre les lignes superbement dessinées, Regina Porter n’a pas besoin de les écrire noir sur blanc pour faire passer les messages qui frappent de plus en plus forts aux oreilles des sourds de notre monde. On les entend quand même.

Éditions Gallimard (2019)

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

 

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