Cirque Mort, Gilles Sebhan

cirque mort, sebhan[Dédicace jeudi 17 mai, 18h]

L’enquêteur Dapper n’est plus que le fantôme de lui-même depuis la disparition de son fils quelques mois auparavant. L’hiver se termine, la glace fond, et fait remonter les corps et les souvenirs.
Les corps de deux jeunes garçons, disparus dans les mêmes circonstances que Théo, le fils de Dapper.
Une lettre anonyme qui le conduit à un centre hospitalier où de jeunes psychotiques sont suivis, traités, et choyés par l’étrange Docteur Tristan.
Théo aurait fréquenté Ilyas, Ilyas saurait des choses.
Et Dapper découvre qu’il ne connaissait pas si bien son fils, découvre qu’il a manqué de vigilance, d’attention, que peut-être il aurait pu empêcher sa disparition.
En parallèle, ou plutôt en toile de fond, l’évènement frappant, traumatisant, du massacre des animaux d’un cirque quelques mois avant la disparition des enfants, trouve une résonance, un lien peut-être, avec le kidnapping de Théo.

Gilles Sebhan installe une ambiance étrange, décalée, mystérieuse. Son policier, Dapper, brutal, massif dans son obsession, lourd dans ses pas, les épaules chargées de culpabilité, orageux, légèrement borderline, devient petit à petit très attachant.
L’histoire est noire, magnifiquement écrit, en méandres de petites phrases qui installe parfaitement la psychologie tourmentée des personnages. Des personnages complexes, en nuances, perdus, cherchant des repères.
Le tout dans une atmosphère très étrange, proche du conte horrifique. On pourrait penser à du Denis Lehane et un Shutter Island, ou à des influences lynchiennes. Une étrangeté frôlée, suggérée, qui fait qu’on y adhère doucement, comme Dapper.
L’écriture ne s’embarrasse pas de fioritures, elle est ciselée, et ciselante, elle laisse place au mystère et aux non-dits qui rend addictif ce roman, qui se lit d’une traite.

Une belle surprise.

Editions Rouergue Noir (janvier 2018)

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