[Kokoro], Delphine Roux

Kokoro, delphine rouxKoichi est un homme à part. Silencieux, solitaire, doux et mystérieux. Il travaille dans une bibliothèque mais n’aime lire. Il travaille en réserve, dans le sous-sol, au calme.
Il vit, au jour le jour. S’occupe de sa grand-mère en maison de retraite. Lui apporte en douce des pâtisseries. Il aime retourner voir la maison de son enfance. Il vit de souvenirs.
Son existence est comme en pause.
Car Koichi a perdu, très jeune, ses parents. Il s’est renfermé sur lui-même. Dans un cocon où il semble avoir cessé de grandir. Sa sœur, Seki, s’est plongée dans le travail et la réussite sociale. Ils n’ont plus rien en commun. Et pourtant, Koichi est comme en attente.
A travers les mots et les très courts chapitres de Delphine Roux, l’homme se raconte. Tout est en impressions, douces, mélancoliques, distanciées.
Une écriture comme de la poésie en prose autour du quotidien. Un univers resserré, sous le prisme du regard unilatéral de Koichi, et qui pourtant fini par s’ouvrir sur une certaine universalité.
L’histoire de cet homme, de son enfance, de l’attachement au passé, de la brisure, de la distance, de l’incommunicabilité, est faite de petites phrases qui sont des écrins renfermant une profonde humanité.

L’écriture de Delphine Roux (très japonisante) est comme un effleurement des sentiments enfouis.

Éditions Philippe Picquier (21.08.15)

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