Peindre, pêcher et laisser mourir, Peter Heller

Peindre_pecher_et_laisser_mourir, peter hellerJim tente de garder un équilibre dans sa petite maison au fin fond du Colorado. Il peint, pêche et communique peu avec les autres. Il faut dire que Jim a deux démons qui le hantent : l’assassinat de sa fille de 15 ans et l’alcoolisme qu’il tient à distance. Mais il tient. Jusqu’au jour où il croise le chemin de Dellwood… en train de battre comme plâtre une petite jument. Jim s’interpose, et cette implication dans la vie extérieure sera être le premier pas qui va faire de lui à la fois l’homme le plus craint et une proie à abattre.

Peter Heller arrive à faire de son livre un thriller palpitant et une ode à la nature. On aurait envie d’abriter Jim, de calmer ses montées de sang, et de partir pêcher avec lui. L’écriture d’Heller sert parfaitement, à la fois, le lyrisme tendance écolo et l’action nerveuse et tendue de l’histoire. Parsemée de notes d’humour sombre, proche du cynisme, il rend son personnage à la fois attachant et inquiétant.

Un livre qui « hameçonne » le lecteur, lui laisse parfois du mou, mais le tient toujours en tension, sous les coups et les revirements de situations vécues par un Jim Stegner viril, bourru, tendre, écorché, incroyablement sanguin et mélancolique. Un cocktail détonnant pour une histoire marquante.

Éditions Actes Sud (07.10.2015)

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