Revival, Stephen King

Revival, stephen kingHistoire de Charles Jacobs, un pasteur formidable (sympa, moderne, un peu scientifique fou de l’électricité), à la vie parfaite, et du jour au lendemain un drame terrible l’éloigne de la foi et le plonge de plus en plus loin dans son obsession pour l’électricité. Une électricité secrète, avec laquelle il parvient à guérir (il devient l’un de ses prédicateurs fous qui s’enrichissent sur le dos des chercheurs de miracles), et qui ouvre une porte vers un monde mystérieux, et dangereux.
L’histoire est racontée par Jamie. Il a rencontré le pasteur quand il était enfant, lui a voué une admiration sans borne, puis l’a revu après des années, s’est retrouvé embringué malgré lui dans ses histoires d’électricité et d’autre monde. Avec la folie et la mort qui rôde autour.

Stephen King est un bon raconteur d’histoire. On se laisse facilement entraîner dans son livre, et il distille très bien les informations pour installer un suspens qui accroche le lecteur.
Il dépeint l’Amérique.
Il critique la religion, la manipulation des gens. Je ne l’avais pas relu depuis des années, à une époque où chacun de ses livres – pratiquement – avait un personnage touché par la grâce de Dieu et qui était une sorte d’élu qui sauvait le monde, guidait les autres.
Là, Stephen King retourne les bondieuseries contre lui et ses personnages, et Revival est surtout une grande critique de l’utilisation de la religion, du spectaculaire des prédicateurs. Et ses personnages, s’ils ne sont pas tous contre Dieu sont profondément athées. Ce qui crée un livre très pessimiste, sombre, où il n’y a pas beaucoup d’espoir. A part vivre au jour le jour, Carpe Diem, sur fond de rock’n roll (Jamie est musicien et travaille pour un studio de musique, la musique berce le roman).
Le côté obsessionnel et expérimentateur de Jacobs rappelle avec force Frankenstein (dont Stephen King reconnaît lui-même l’influence).

Un livre où se sent confortablement installé, à lire tranquillement les soirs d’hiver, qui passe de la chronique sociale pour glisser dans le fantastique et flirter avec l’horreur (la toute fin).

Editions Albin Michel (30.09.15)

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