Ce qu’il faut de nuit, Laurent Petitmangin

Un père et ses deux fils. Une vie tranquille, avec ses malheurs, ses petits bonheurs, sa routine. Une vie quand même, où déjà, il faut se battre, résister, affronter. Le deuil de l’épouse, de la mère. Les factures pas toujours faciles à payer. Le coin (en Lorraine) où la vie et l’activité disparaissent.

Mais ce père et ses deux fils, cette petite famille, tiennent. Solidaires, proches, taiseux souvent mais dans le partage.

Jusqu’au jour où le père apprend que l’aîné, Fus, a été vu avec un groupe d’extrême droite. Il n’y croit pas tellement le père, c’est une erreur. Lui toujours de gauche, lui qui a amené ses fils tracter avec lui quand ils étaient jeunes, eux qui ont toujours connu les ouvriers, les employés, les cégétistes…
Fus esquive, noie le poisson.
Sauf que, oui, ils traînent avec ces gens. Ils collent aussi des affiches de Le Pen un peu partout.

Le père ferme un peu les yeux, refuse longtemps d’y croire. Et reporte toute son attention, tout son amour, sur le benjamin. Gillou, qui veut faire des études à Paris. Sur qui l’espoir repose.

Comment un père peut encore aimer un fils lorsque celui-ci choisit une voie contraire à ses convictions profondes, comment tenir sa famille, guider ses enfants quand on ne les comprend plus ?
Comment tendre une main, une oreille, comment parler quand les émotions submergent ?

Ce livre met à nu les sentiments contrariés de ces trois personnages, dans une incapacité à se parler, à se comprendre. Dans une pudeur délicate, Laurent Petitmangin offre un livre poignant, d’une grande humanité. Avec un talent de la phrase, où chaque mot porte le poids, l’intensité, la vérité de tout un trouble.

Ed. La manufacture de livres (août 2020)

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