C’est un livre sans concession, où d’une approche un peu légère, drôle, distancée du départ, l’autrice va creuser de plus en plus loin et toucher les racines du mal : la perversité, la violence, l’inceste, le viol. Mais Dorothy Allison ne s’appesantit pas, elle nomme, dénonce, et surtout, dit l’importance des mots, de la parole.
Il y a, notamment, une scène merveilleuse de retrouvailles entre les deux sœurs, où les choses du passé sont dites, expliquées, pardonnées.
On ressort de ce livre secouée, comme si l’on avait reçu les confidences d’une copine, des confidences qui font sourire, pleurer, et donne en vie de hurler. On ressort admirative de la langue où surgissent les mots comme des impacts, où se jouent des silences implacables.
Éditions Cambourakis (janvier 2021)
Traduction : Noémie Grunenwald