L’hiver du mécontentement, Thomas B. Reverdy

hiver du mécontement reverdy flammarion avis critique chronique dédicace signature rencontre[Rencontre le samedi 24 novembre 2018, 16h]

Prix Interallié 2018.

Londres, 1978-1979.
Des manifestations, des grèves, la ville ralentit, puis est paralysée. En plein hiver. Les poubelles s’entassent dans les rues, les problèmes de transport provoquent de tels retards que les londoniens ne travaillent plus que quelques heures par jour. Tout le monde finit par prendre un nouveau rythme. Tout le monde attend que quelque chose change, que quelque chose se passe.

Londres, hiver 1978-1979, punk rock, rage de vivre, envie de bouleversement.
Sid Vicious assassine Nancy Spungen, à sa sortie de prison il se suicide d’une overdose. Les Sex Pistols disparaissent, The Clash sont là. Et Joy Division. Moins violents, mais pas moins sombres.
Londres se meurt, se révolte, sent la rage de vivre et les poignets liés dans une société où il n’y a pas d’avenir. No Future.

Candice est jeune, pleine de vie, et jolie. Elle écoute en boucle, et fort, ces groupes de rock, coursière, elle fonce dans les rues de Londres sur son vélo. Slalome entre les gens, les poubelles, les grévistes. Cherchant parfois à prendre de la hauteur, ou de la vitesse, voir s’il y a un horizon.
Candice est aussi comédienne, et dans sa troupe de filles, elles répètent pour jouer un Richard III totalement féminin.
Voici venir l’hiver de notre mécontentement, sont les premiers mots que prononce Richard III dans la pièce de Shakespeare.
Une pièce qui parle de la folie du pouvoir, qui questionne sur son origine, ses conséquences. Et sur, aussi, ceux qui s’y plient. Complice de leur asservissement.
Candice lit Richard III (dont elle a le rôle) et croise le regard glacial de Margaret Thatcher. Évidemment, elle fait des corrélations.

Thomas B. Reverdy arrive magnifiquement à rendre palpable, bouillonnante, et froide la ville de Londres en cet hiver de basculement. A travers ce personnage fascinant et complexe de Richard III, c’est le portrait des hommes et femmes de pouvoir qu’ils questionnent, tout en donnant une place lumineuse, énergique et révoltée à toute une jeunesse désœuvrée, perdue, écrasée par un monde qui brise leurs rêves comme on craquerait une allumette avant de tout faire exploser.

Un livre qui résonne dans un étrange écho avec le monde d’aujourd’hui.

Éditions Flammarion (22.08.2018)

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