Reflex, Maud Mayeras

reflex-mayerasIris, photographe de scènes de crime (sens du détail, du gros plan sur des éléments, que l’on retrouve dans le style du roman), retourne dans son ancienne ville, la maison de son enfance, par un lourd concours de circonstances.
Et là, c’est tout le passé qui ressurgit petit à petit (sa mère violente, son fils assassiné, son père décédé) et qui la hante au point de la noyer.
Avancée lente et prudente pour s’en sortir. Échapper à tout ça. Vaincre ses démons.

Le roman nous fait découvrir donc tout le cheminement d’Iris. Avec le présent dans lequel elle patauge, et le passé duquel elle ne s’est pas encore sortie.
Il y a aussi des chapitres -Silence- qui raconte une histoire, de manière plus linéaire et carrée en un sens.
Des liens entre les histoires : les rapports parents-enfants tellement durs, sombres, violents. Relation d’amour-haine qui s’enracine dans la personnalité.

Point de vue immersif, on colle aux semelles d’Iris, à ses humeurs, ses angoisses, ses colères. On ne la lâche pas, ou presque.
Des phrases parfois très concises, qui frappent juste, qui plongent dans l’atmosphère sombre et tourmentée des personnages.
Un parti psychologique dense et tortueux, dans lequel on n’est jamais perdu, où l’on peut reconnaître le Monstre qui rôde.

Le livre maintient un vrai suspens de fou, on devine des choses, on les sent, d’autres on n’ose pas les imaginer, et le récit nous mène inexorablement vers des résolutions d’énigme qui laissent pantois.

Maud Mayeras va très très loin dans l’obscur de l’humain. Elle ne laisse rien passer. Elle ne fait pas de concession. Elle n’embellit pas.
Ses personnages sont d’une incroyable densité psychologique, complexes jusqu’aux bout des ongles. À ne plus savoir qui est le plus Monstrueux.

Et.
Maud Mayeras ponctue son livre de plein de références culturelles (qu’elle a l’amabilité de ne pas laisser dans le flou artistique, en les révélant à la fin de son livre) qui font sourire, qui plaisent, donnent encore plus à voir ce qui se passe entre les lignes.
Et qui peuvent donner une idée à ceux qui ne sont pas encore très sûrs de quoi est fait l’atmosphère de Reflex.

Dans Reflex les personnages portent des bouts de noms de ces gens-là :
Joel-Peter Witkin – Diane Arbus – David Lachapelle – Sally Mann

Dans Reflex, il y a des bouts de musique qui surgissent au début des parties :
Fistful of Steel, Rage Against The Machine
Lose Your Soul, Dead Man’s Bones
Happy, Kat Frankie
Gone Away, My Brightest Diamond
The Speed of Pain, Marilyn Manson
Time to Dance, The Shoes
La Chaleur, Noir Désir
Sober, Tool

Et à la fin du livre, elle nous donne également la bande originale.

Éditions Anne Carrière (03.10.2013)
Éditions Pocket (poche) (12.03.2015)

 

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