Play boy, Constance Debré

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Précédent Love me tender, Constance Debré raconte  dans Play Boy son quotidien, cette transition de l’avocate aux cheveux longs, hétéro, mère et épouse, à l’écrivaine, lesbienne, cheveux courts, tatouage, et comme célibataire.
Une écriture directe, pour dire les choses avec simplicité, avec une certaine froideur aussi. L’impression que Constance Debré se détache d’elle-même, des émotions, de ses obligations de travail, se libère d’un carcan dans lequel elle ne pouvait plus être elle-même.
Elle raconte l’ennui tranquille de la routine qui s’était installé entre elle et son mari Laurent. Quelque chose de confortable, de rassurant. Qui a été bousculé, légèrement, lorsque son mari l’a trompée. Puis à l’arrivée de l’enfant, petit à petit les choses se sont déplacées. Lire la suite

L’encre vive, Fiona McGregor

fiona mcgregor encre vive actes sudUn été caniculaire à Sydney, on parle sécheresse, écologie. Une famille de bourgeois avec plein de petits problèmes. Marie, la mère, divorcée, ne peut plus rester dans la grande et belle demeure familiale. Elle n’en a plus les moyens. Ses trois enfants essayent comme ils peuvent de bien faire les choses, mais avec cet égoïsme naturel de l’enfant qui pense à lui avant de penser à sa mère.
La vente de la maison est un crève cœur pour Marie.
Elle boit beaucoup, depuis toujours, mais là, elle boit encore plus.
Elle sent que sa vie lui échappe, qu’elle n’a plus vraiment le droit de dire ce qu’elle pense, ce qu’elle veut. Qu’elle a été toute sa vie une bonne épouse, une bonne mère au foyer. Le réconfort, elle le trouve dans la culture de son magnifique jardin et dans les ronronnements de Mopoke, sa chatte vieillissante et presque sénile. Lire la suite

Jeu blanc, Richard Wagamese

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Le Canada des années 60-70.
Saul Indian Horse vit avec sa famille, dans les traditions indiennes, leur monde se rétrécit de plus en plus avec l’invasion des blancs. Enfant, Saul, ne comprend pas tout, aux disparitions de son peuple, de son frère et sa sœur. Il comprend mieux sa grand-mère, ses traditions ojibwés, ses rites, sa proximité avec la nature, ses vieilles histoires.
Mais un jour, Saul n’a plus rien et se retrouve dans un internat chrétien. Maltraitance et racisme sont le lot quotidien des enfants, desquels on essaye d’effacer toute indianité. Seule lumière pour Saul : le hockey sur glace.
Ce sport va l’aider à échapper à l’internat, à retrouver une famille, à s’épanouir, mais aussi à affronter avec de plus en plus de colère le racisme, l’injustice, la violence.
Car, malgré tout, le hockey est un « jeu blanc ».

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Comme Dieu le veut, Niccolo Ammaniti

ammaniti comme dieu le veutUne petite ville de l’Italie. Rino Zena et son fils Cristiano vivent dans une maison encore à moitié en travaux, dans la crasse et le désordre. Le père ramène un peu d’argent grâce à son travail pour une entreprise de construction. Seulement… le fils du  patron a repris la direction, et désormais il embauche de moins en moins les italiens du coin, préférant confier le travail à des immigrés plus ou moins déclarés et dociles.
Et si les deux amis de Rino, rêvant d’un casse salvateur, avaient raison ? Lire la suite

Des hommes, Laurent Mauvignier

Des_hommes, mauvignierJ’ai l’impression que Mauvignier pourrait écrire sur le sujet le plus soporifique du monde et en faire une œuvre littéraire d’une intense qualité. Quelle écriture. Un style qui creuse dans la phrase, comme ils creusent jusqu’aux tripes des personnages, jusque leurs sombres secrets, leurs terribles angoisses, leurs failles. Un style qui tourne autour des mots, les retourne, les observe et les amène à se révéler dans des phrases d’une maîtrise incroyable.
Un style dense qui parvient à rendre palpable l’émotion des personnages. Très proche de l’oralité, de l’instant pensé, du désordre affectif.
De la prose poétique qui parle à l’humain. Lire la suite