Homo Sapienne, Niviaq Korneliussen

Portrait de la jeunesse groenlandaise. Personnages que l’on découvre chez eux ou à une fête. Récits construits en parties : à chacune son narrateur. Monologues intérieurs puissants. Des histoires d’amour qui se terminent, à décrire avec une violente justesse la mort des sentiments, l’ennui, la colère, le dégoût de l’amour de l’autre. Des histoires d’amour qui naissent, une rencontre à une soirée, une fille magnifique, le « courant passe », l’électricité palpable à chaque mot. Le besoin de fête, d’alcool, de bruits, de mouvements, pour oublier que ce pays est une prison, cloisonne, n’offre pas de perspective, tourne en rond.
La sexualité, le questionnement du genre, fait avec naturel, évidence, mais sans fermer les yeux sur le rejet, parfois, des parents, d’une famille qui nous ferme la porte, et une autre qu’on se crée, avec qui on est soi. Lire la suite

Ecoute la ville tomber, Kate Tempest

ecoute ville tomber tempest rivagesQuatre jeunes trentenaires vivant dans le sud de Londres sont un peu à court de tout, d’envie, de réussite, de perspective.
Le hasard les amène à se rencontrer et à nouer des relations pour le meilleur et plus souvent pour le pire.

Becky est danseuse mais n’arrive pas à décrocher un contrat, Pete est au chômage et galère, Leon est le meilleur pote de Harry (une fille) et à eux deux ils ont un commerce assez juteux de cocaïne.

Lire la suite

Manhattan Murmures, Giacomo Bevilacqua

manhattan murmures bevilacqua

Sam est photoreporter, pour se guérir d’une lourde peine, il part s’isoler à New York. Il aime cette ville, il y a une partie de son enfance, un pied à terre. Il espère s’y reconstruire. Son ami et associé lui lance alors le défi d’y rester deux mois sans prononcer un seul mot. Sam accepte. Armé de son appareil photo, un casque sur les oreilles, il sillonne la ville, prend des clichés, et ne communique qu’un minimum avec les gens, et toujours par bouts de papier.
Sam trouve du réconfort dans cette structure rigide, il aime compter les choses, avoir des repères stables.
Sam est aussi un photographe particulier : quand il prend une photo, il ne regarde jamais sur son écran à quoi le cliché ressemble, il ferme les yeux, et enregistre le cliché dans sa mémoire. Une mémoire infaillible.
Puis il va faire développer ses photos.
Sauf que cette fois, trouble, sur une dizaine de photos la silhouette d’une femme, toujours la même, rousse et longiligne. Et il ne se rappelle jamais l’avoir croisée, et encore moins photographiée.
Il décide de retourner dans les lieux où elle est apparue.

Lire la suite

Rose-Mercie, Maggie Belin Biais

rose mercieRose-Mercie est une très jeune fille de 16 ans. Née dans la bourgeoisie du cap haïtien. Dans cette bourgeoisie, plus on est clair de peau, mieux on réussit. Elle se retrouve orpheline de père (Albert Desfontaines mort d’une chute de cheval).

Lorette, sa mère se retrouve à l’âge de 28 ans, veuve et héritière d’une exploitation d’orangers et de caféiers (Milot). Mais seule, elle n’arrive pas gérer le domaine. Elle décide d’organiser le mariage de Rose-Mercie avec Ange Pérétti, un ami de celle-ci. C’est un Corse ayant réussi en Haïti. Peu de temps après leur mariage, Ange est appelé sous les drapeaux (Français). C’est la première guerre mondiale, nous sommes en 1915. Rose-Mercie se retrouve seule et mère d’une petite fille France. Femme libre elle part pour Milot et relance l’exploitation de la famille avec l’introduction de ruches et la fabrication d’onguents pour la haute société haïtienne. Car les américains font blocus sur les produits ne venant pas des états unis et dépouillent le gouvernement Haïtien.

En 1918 Ange est démobilisé et retourne en Haïti. Traumatisé par la guerre il n’est plus lui même. Rose Mercie de son coté à vécu d’autres choses et est devenue très indépendante et autonome. Arriveront ils à  se retrouver? Pour lui, les Américains sont des sauveurs. Pour elle des occupants.

Dans ce roman, il y a deux histoires. La première, celle d’Haïti, la seconde celle d’une femme indépendante, avant-gardiste et dérangeante par ces décisions et choix de vie pour l’époque.

Lire la suite

L’avancée de la nuit, Jakuta Alikavazovic

avancee de la nuit alikavazovicPaul, un étudiant classique, tranquille, avec ses potes, ses études et ses petits boulots. Qui a une petite honte refoulée d’être d’un milieu modeste.

Il bosse la nuit dans un hôtel de la chaîne Elisse. Et y fait la connaissance d’Amélia. Fille richissime, qui vit à l’hôtel. Fille à la chevelure flamboyante. Fille mystérieuse et magnétique. Fille écorchée, sombre, et volatile. Comme un papillon de nuit.
La nuit, l’obscurité, ce qui va leur permettre de se trouver, de se réunir. Ce temps où tout devient force et intensité. Pour le meilleur et pour le pire.

L’avancée de la nuit parle d’amour, d’amour complexe, de destruction, de solitude. De la guerre (Bosnie). Des racines (du mal ?) : les mères absentes, en fuite ou décédée, dont la disparition a creusé le coeur de Paul et Amélia, a créé un déséquilibre, un creux au bord duquel ils se tiennent. Ou sombrent. Lire la suite