Manhattan Murmures, Giacomo Bevilacqua

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Sam est photoreporter, pour se guérir d’une lourde peine, il part s’isoler à New York. Il aime cette ville, il y a une partie de son enfance, un pied à terre. Il espère s’y reconstruire. Son ami et associé lui lance alors le défi d’y rester deux mois sans prononcer un seul mot. Sam accepte. Armé de son appareil photo, un casque sur les oreilles, il sillonne la ville, prend des clichés, et ne communique qu’un minimum avec les gens, et toujours par bouts de papier.
Sam trouve du réconfort dans cette structure rigide, il aime compter les choses, avoir des repères stables.
Sam est aussi un photographe particulier : quand il prend une photo, il ne regarde jamais sur son écran à quoi le cliché ressemble, il ferme les yeux, et enregistre le cliché dans sa mémoire. Une mémoire infaillible.
Puis il va faire développer ses photos.
Sauf que cette fois, trouble, sur une dizaine de photos la silhouette d’une femme, toujours la même, rousse et longiligne. Et il ne se rappelle jamais l’avoir croisée, et encore moins photographiée.
Il décide de retourner dans les lieux où elle est apparue.

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Rose-Mercie, Maggie Belin Biais

rose mercieRose-Mercie est une très jeune fille de 16 ans. Née dans la bourgeoisie du cap haïtien. Dans cette bourgeoisie, plus on est clair de peau, mieux on réussit. Elle se retrouve orpheline de père (Albert Desfontaines mort d’une chute de cheval).

Lorette, sa mère se retrouve à l’âge de 28 ans, veuve et héritière d’une exploitation d’orangers et de caféiers (Milot). Mais seule, elle n’arrive pas gérer le domaine. Elle décide d’organiser le mariage de Rose-Mercie avec Ange Pérétti, un ami de celle-ci. C’est un Corse ayant réussi en Haïti. Peu de temps après leur mariage, Ange est appelé sous les drapeaux (Français). C’est la première guerre mondiale, nous sommes en 1915. Rose-Mercie se retrouve seule et mère d’une petite fille France. Femme libre elle part pour Milot et relance l’exploitation de la famille avec l’introduction de ruches et la fabrication d’onguents pour la haute société haïtienne. Car les américains font blocus sur les produits ne venant pas des états unis et dépouillent le gouvernement Haïtien.

En 1918 Ange est démobilisé et retourne en Haïti. Traumatisé par la guerre il n’est plus lui même. Rose Mercie de son coté à vécu d’autres choses et est devenue très indépendante et autonome. Arriveront ils à  se retrouver? Pour lui, les Américains sont des sauveurs. Pour elle des occupants.

Dans ce roman, il y a deux histoires. La première, celle d’Haïti, la seconde celle d’une femme indépendante, avant-gardiste et dérangeante par ces décisions et choix de vie pour l’époque.

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L’avancée de la nuit, Jakuta Alikavazovic

avancee de la nuit alikavazovicPaul, un étudiant classique, tranquille, avec ses potes, ses études et ses petits boulots. Qui a une petite honte refoulée d’être d’un milieu modeste.

Il bosse la nuit dans un hôtel de la chaîne Elisse. Et y fait la connaissance d’Amélia. Fille richissime, qui vit à l’hôtel. Fille à la chevelure flamboyante. Fille mystérieuse et magnétique. Fille écorchée, sombre, et volatile. Comme un papillon de nuit.
La nuit, l’obscurité, ce qui va leur permettre de se trouver, de se réunir. Ce temps où tout devient force et intensité. Pour le meilleur et pour le pire.

L’avancée de la nuit parle d’amour, d’amour complexe, de destruction, de solitude. De la guerre (Bosnie). Des racines (du mal ?) : les mères absentes, en fuite ou décédée, dont la disparition a creusé le coeur de Paul et Amélia, a créé un déséquilibre, un creux au bord duquel ils se tiennent. Ou sombrent. Lire la suite

Vera, Karl Geary

vera karl geary rivagesHistoire de Sonny, un ado coincé dans une vie terne. Famille pauvre, famille de taiseux. Sonny ne veut pas prendre le chemin d’études dans le manuel, devenir ouvrier, mais il ne sait pas non plus quoi et comment faire autrement. Sonny qui est dans une école « de bourges », un lycée d’études générales, qui pourrait avoir sa chance, mais qui n’y trouve pas sa place.

Il est le pauvre, le débile, le voleur.
Sonny qui vole des bouts de vélos pour s’en construire un.
Sonny qui bosse le soir à la boucherie pour gagner quelques pièces, mais refuse de s’imaginer en faire son métier.
Sonny qui aide son père le week-end pour des travaux de bâtiments, et gagne encore trois pièces.
Des pièces, et des trésors d’objets qu’il planque dans une cachette secrète de la salle de bain. Lui qui rêve de s’échapper.
Il retrouve parfois Sharon à l’Antre des Chats, un coin sombre et planqué sur des rochers. Ensemble ils fument, boivent, et cassent leurs peines en silence, en se chahutant.

Puis Sonny croise Véra, la belle et énigmatique femme riche qui vit toute seule dans sa grande maison.
Immédiatement fasciné, attiré, aimanté, il va se rapprocher d’elle, et une troublante relation va naître, qui va les sauver, un peu, tous les deux, de leur solitude.
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N’essuie jamais de larmes sans gants, Jonas Gardell

n'essuie jamais de larmes sans gantsAnnées 80, Suède, principalement Stockholm.
La communauté gay (masculine).
En Suède, fin 70, on vient de dépénaliser l’homosexualité. Mais… qu’on ne se méprenne pas. Ce n’est pas que l’homosexuel est considéré comme normal, non. Il est reconnu, mais reconnu malade, et relevant de la psychiatrie.
N’empêche c’est un pas en avant à l’époque.
Seulement, début des années 80 le fléau SIDA surgit.
Et là, tous ceux qui pensaient, qui essayaient, qui luttaient, pour l’égalité, la reconnaissance, et le droit à une vie normale, sont considérés comme de pestiférés.

Le livre de Jonas Gardell raconte tout ça.
A travers le portrait d’un groupe d’hommes de différents âges, personnalités, parcours, et engagements, il dresse un tableau impressionnant de détails, de documentations, de témoignages et de force de toute la communauté homosexuelle. Lire la suite