Artemisia, Alexandra Lapierre

artemisia lapierreAlexandra Lapierre signe avec ce livre une biographie détaillée et passionnante de la première femme peintre reconnue par l’académie, Artemesia Gentileschi.

Elle revient sur les violences formatrices de son existence : le viol par un ami de la famille assez tôt dans son adolescence, sa relation houleuse avec son père, lui-même peintre dans la mouvance du Caravage, la nécessaire émancipation qu’elle devra opérer pour affirmer son propre talent.
Mais aussi et surtout la difficulté d’être une femme d’abord, indépendante ensuite, et peintre de surcroît, dans cette Italie du début du XVIIe.
Autant d’événements qui ont sans aucun doute contribué à la profondeur et l’agressivité de sa peinture en clair-obscur, ayant également une incidence sur le choix de ses sujets : principalement des femmes, fortes et sanglantes. Lire la suite

La bâtarde, Violette Leduc

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Violette découvre Paris, les éditeurs, les écrivains, se passionnent pour eux, pour leur intelligence, leurs livres, elle se sentira toujours en-dessous, moins bien, moins douée, leur ombre en quelque sorte.
Elle viendra à l’écriture un peu par hasard, par le journalisme, puis poussée par Maurice Sachs.Elle sera toujours une femme indépendante, même mariée, même rampante pour récolter un brin d’affection, elle est forte, même pleurant sur l’abandon elle serre les poings. Elle écoute sa douleur pour la dompter, elle s’en délecte, comme elle goûterait toutes les saveurs d’un plat avant de le cuisiner : pour en faire un repas qu’elle pourra dévorer. Pour pouvoir créer.

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Nous n’avons pas vu passer les jours, Simone Schwarz-Bart et Yann Plougastel

En 1959, André Schwarz-Bart, juif d’origine polonaise, orphelin et résistant de la Deuxième Guerre mondiale, remporte à la surprise générale le prix Goncourt pour son exceptionnel premier roman, Le dernier des justes. Quelques jours plus tôt, il rencontre l’amour de sa vie au détour d’une rue parisienne : Simone, métisse guadeloupéenne, qui deviendra son épouse, sa muse et sa co-équipière jusqu’à la mort du premier, en 2006.

A eux deux, ils vont écrire une œuvre magistrale, malheureusement inachevée, qui rejoint avec une évidence effrayante les souffrances pluri-centenaires de deux peuples : pogromes et Shoah pour les Juifs, traite et esclavage pour les Noirs. Mais ce ne sera pas du goût de tout le monde, notamment des premiers concernés…

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Honoré et moi, Titiou Lecoq

honoré et moi titiou lecoq iconoclasteBalzac a connu la controverse et le succès, le faste et le surendettement.
À travers ce portrait, Titiou Lecoq dépoussière le portrait d’artiste et questionne le rapport à l’argent, à la reconnaissance.

Titiou Lecoq a un style vif, moderne, piquant. Et une empathie réelle et communicative pour ce cher Honoré. Elle parvient à sortir Balzac de ce siècle lointain, poussiéreux, et figé, pour en faire un être bien vivant, moderne, plein d’énergie et de détermination.

Honoré, ce brave type qui séduit tout le monde, hâbleur, bon, généreux, à la fois infidèle aux multiples maîtresses et d’une loyauté indéfectible. L’homme que l’on croise en soirée, qui fait rire, qui dépense une fortune dans un dîner, et rentre chez lui, un appartement fastueux, mais le garde manger vide, et les créanciers au coin de la rue. Lire la suite

Le monarque des ombres, Javier Cercas

Mi-(auto)biographie mi-récit historique, ce livre par un des plus grands auteurs espagnols contemporains donne un point de vue unique sur la guerre d’Espagne.

Javier Cercas, écrivain espagnol de renom et fervent républicain de gauche, dont les idées sociales et politiques ont largement été exposées dans ses précédents écrits (dont le fameux Les Soldats de Salambre), révèle ici que, non seulement il vient d’une famille de droite qui a soutenu le franquisme pendant la guerre, mais que, pire encore, il a eu un grand-oncle engagé de son plein gré dans les troupes phalangistes ! Lire la suite