Santa Muerte, Gabino Iglesias

santa muerte

Fernando est mexicain, sans papier, réfugié à Austin, Texas, fuyant la menace de la mafia. Il fait sa petite vie à Austin, évidemment, il a intégré un groupe de trafiquants de drogue, et en faisant son boulot de vigile en boite de nuit, il fournit les clients.
Un soir, il est kidnappé par une bande de types tatoués de partout, jusque sur le visage, amené dans une pièce, où le chef finit par décapiter un des collègues de Fernando devant lui. Il veut le territoire, et tient à faire comprendre qu’il est prêt à toute la violence nécessaire pour ça.
Paniqué, angoissé, il va immédiatement voir son chef. Lire la suite

Play boy, Constance Debré

playboy debré

Précédent Love me tender, Constance Debré raconte  dans Play Boy son quotidien, cette transition de l’avocate aux cheveux longs, hétéro, mère et épouse, à l’écrivaine, lesbienne, cheveux courts, tatouage, et comme célibataire.
Une écriture directe, pour dire les choses avec simplicité, avec une certaine froideur aussi. L’impression que Constance Debré se détache d’elle-même, des émotions, de ses obligations de travail, se libère d’un carcan dans lequel elle ne pouvait plus être elle-même.
Elle raconte l’ennui tranquille de la routine qui s’était installé entre elle et son mari Laurent. Quelque chose de confortable, de rassurant. Qui a été bousculé, légèrement, lorsque son mari l’a trompée. Puis à l’arrivée de l’enfant, petit à petit les choses se sont déplacées. Lire la suite

PLS, Joanne Richoux

pls joanne richouxSacha et Angie, jumeaux, se préparent pour une grosse soirée, chez eux. Sacha traîne un peu les pieds. Soirée déguisée, à revoir tout le monde, à mettre le masque de la cordialité, de la joie, de la légèreté. Sacha n’a pas envie. Angie le motive. Après quelques gorgées d’un mauvais vin et quelques cachets de xanax, il déambule dans la soirée, danse, roule des pelles, cogne les corps, se cogne le coeur.

On suit les traces de Sacha, son regard désabusé et triste sur le monde et les autres, son émotion lorsqu’il voit Elle, sa colère sombre, son humeur noire.

Joanne Richoux, dans une langue crue et directe (la langue de Sacha, d’un jeune de dix huit ans en plein mal-être) bouscule lecteur et lectrice dans un récit bouleversant et percutant. D’une grande justesse sur cette période pleine de bouleversements, entre rage de vivre et pulsion de mort.

Avec une bande son qui se déroule à chaque chapitre, des titres rock qui bousculent, et une référence incontournable à Bret Easton Ellis, PLS est un roman qui, court comme un uppercut, vous mettra K.O.

Editions Actes Sud (2020)

Sugar Run, Mesha Maren

sugar run mesha maren gallmeisterJodi sort de prison. Elle a 35 ans, en a passé 18 enfermée. Pour meurtre. À 17 ans, elle a assassiné Paula, son premier amour, avec qui elle s’était enfuie sur les routes.
Jodi a deux buts : retrouver le petit frère de Paula, le sauver des griffes de son père, et retourner vivre dans le seul lieu où elle a été heureuse et elle-même : la vieille bicoque dans les Appalaches de sa grand-mère décédée.

Mais Jodi rencontre Miranda. Jeune femme droguée, en pleine séparation avec son mari star descendante de musique, et qui cherche à récupérer ses trois fils.

Miranda est magnifique, magnétique, paumée, en demande d’amour, de protection. Et Jodi, tout ce qu’elle a toujours voulu c’est qu’on l’aime, et qu’on ai besoin d’elle. Alors… les deux là, ça colle. Elles mettent leurs objectifs en commun, et prennent la route ensemble.

Lire la suite

77, Marin Fouqué

77 marin fouquéLa Seine et Marne. Le 7.7. Un abribus. Un jeune homme à capuche se raconte. Au fil de ses pensées, dans un style oral percutant, brut et énergique, le narrateur décrit une vie rude, une vie en marge, à se construire dans la boue et sous les poings.

Au départ, c’est un trio soudé : le narrateur, celui à la gueule fragile, la fille Novembre qui s’affirme à coups de poings et Enzo le bon copain frondeur. Ils se soutiennent, toujours ensemble, ils jouent, se chamaillent, et grandissent.
Ils sont coincés dans ce département où le bitume grignote petit à petit le marron, où les vieux paysans, leurs soirées lotos, leur salon de coiffure dans le bar du coin, laissent peu à peu la place aux familles de Parisiens, qui restent à faire bronzette dans leurs jardins, et à traverser la ville dans leurs grosses voitures. Lire la suite