Grande couronne, Salomé Kiner

A travers ce roman, nous suivons une adolescente vivant en grande banlieue parisienne, dans une famille modeste classique. Seulement la jeune fille rêve de Paris, d’ailleurs, de pouvoir s’acheter les vêtements à la mode…

Entre ses envies de paraître, son impression de ne pas être à sa place, et sa famille qui se délite, elle va prendre des décisions qui vont la plonger brutalement dans le côté obscur des adultes.

C’est cash et cru, choquant mais reflète la réalité de cette adolescente, d’un jeunesse soumise aux diktats de la mode, au consumérisme de notre société.

La jeune fille sera pratiquement livrée à elle-même lorsque son père quittera le foyer, voyant sa mère sombrer dans la dépression.

Oscillant entre le bien et le mal, les responsabilités trop précoces à prendre, des fantasmes qui ne seront pas assouvis, sans filtre l’auteur dresse un tableau de cette jeunesse en péril rythmé par le son et la mode des années 90.

Un roman social d’une grande force, une quête identitaire coup de poing.

Editions Christian Bourgois (Août 2021)

Salomé Kiner est née en 1986 dans le Val-d’Oise.

Journaliste, elle vit et travaille en Suisse. Grande Couronne est son premier roman.

Faubourg Montmartre Yves Azeroual

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L’auteur nous plonge dans l’univers des pieds noirs d’Algérie débarquant en France assoiffés de réussite pas très honnête. Les quatre frères « Z » ( pour Zemour) sont des cas pratiques du code pénal comme les surnomme l’inspecteur Chavin: proxénétisme, braquages, rackets, cercles de jeux clandestins, trafics d’armes, des courses hippiques et de tableaux, de comptes bancaires, l’ombre de  la pègre et les bandes de voyous règnent sur les territoires du Faubourg Montmartre et au delà. On y retrouve des bandes rivales, les Atlan, les Dadoun , les Perret, les Gitans, les Corses, et les Italiens des caïds barbares sans état d’âme. Cet univers est décrit comme dans les films d’Alexandre Arcady avec le Grand Pardon, du Clan des Siciliens d’Henri Verneuil ou encore les Tontons Flingeurs de Georges Lautner. On y découvre le Paris des années 60 en pleine gloire, où l’argent coule à flot, où les signes extérieurs de richesse sont abondants au mépris du qu’en dira t-on . Comme tous ces voyous, on se laisse attendrir par la générosité et la tendresse de Dédé pour sa complice Catherine S, par les valeurs patriarcales de protection vis à vis de ceux qui lui seront redevables. Un roman noir et viril qui se dévore.

Yves Azéroual, journaliste, documentariste, a publié plusieurs ouvrages sur la politique française et sur Israël. Rédacteur en chef et producteur éditorial d’émissions et de magazines à la télévision, il est le co-fondateur de la chaine d’informations i>télévision et le créateur de l’émission « Secrets d’Histoire ». Il est également l’auteur de Mufti (Le Passeur, 2020)

Edition Le Passeur ( avril 2021)

Santa Muerte, Gabino Iglesias

santa muerte

Fernando est mexicain, sans papier, réfugié à Austin, Texas, fuyant la menace de la mafia. Il fait sa petite vie à Austin, évidemment, il a intégré un groupe de trafiquants de drogue, et en faisant son boulot de vigile en boite de nuit, il fournit les clients.
Un soir, il est kidnappé par une bande de types tatoués de partout, jusque sur le visage, amené dans une pièce, où le chef finit par décapiter un des collègues de Fernando devant lui. Il veut le territoire, et tient à faire comprendre qu’il est prêt à toute la violence nécessaire pour ça.
Paniqué, angoissé, il va immédiatement voir son chef. Lire la suite

Play boy, Constance Debré

playboy debré

Précédent Love me tender, Constance Debré raconte  dans Play Boy son quotidien, cette transition de l’avocate aux cheveux longs, hétéro, mère et épouse, à l’écrivaine, lesbienne, cheveux courts, tatouage, et comme célibataire.
Une écriture directe, pour dire les choses avec simplicité, avec une certaine froideur aussi. L’impression que Constance Debré se détache d’elle-même, des émotions, de ses obligations de travail, se libère d’un carcan dans lequel elle ne pouvait plus être elle-même.
Elle raconte l’ennui tranquille de la routine qui s’était installé entre elle et son mari Laurent. Quelque chose de confortable, de rassurant. Qui a été bousculé, légèrement, lorsque son mari l’a trompée. Puis à l’arrivée de l’enfant, petit à petit les choses se sont déplacées. Lire la suite

PLS, Joanne Richoux

pls joanne richouxSacha et Angie, jumeaux, se préparent pour une grosse soirée, chez eux. Sacha traîne un peu les pieds. Soirée déguisée, à revoir tout le monde, à mettre le masque de la cordialité, de la joie, de la légèreté. Sacha n’a pas envie. Angie le motive. Après quelques gorgées d’un mauvais vin et quelques cachets de xanax, il déambule dans la soirée, danse, roule des pelles, cogne les corps, se cogne le coeur.

On suit les traces de Sacha, son regard désabusé et triste sur le monde et les autres, son émotion lorsqu’il voit Elle, sa colère sombre, son humeur noire.

Joanne Richoux, dans une langue crue et directe (la langue de Sacha, d’un jeune de dix huit ans en plein mal-être) bouscule lecteur et lectrice dans un récit bouleversant et percutant. D’une grande justesse sur cette période pleine de bouleversements, entre rage de vivre et pulsion de mort.

Avec une bande son qui se déroule à chaque chapitre, des titres rock qui bousculent, et une référence incontournable à Bret Easton Ellis, PLS est un roman qui, court comme un uppercut, vous mettra K.O.

Editions Actes Sud (2020)