Le livre des reines, Joumana Haddad

Quatre générations de femmes traversent cent ans de guerres intestines au Moyen-Orient dans cette magnifique saga féminine et féministe de Joumana Haddad.

Comment vivre quand tout le monde meurt autour de soi ? Comment avoir une identité quand on est arraché de ses racines par les massacres et la persécution ? Comment aimer quand l’amour est un luxe hors de sa portée ? Comment donner l’exemple quand on est le pire exemple qui soit ? Autant de questions que Qayah, Qana, Qadar et Qamar, les quatre reines aux origines et déchirements multiples, se posent et luttent pour y répondre. On se reconnaît dans chacune d’elles, on partage leurs questionnements, bien qu’amplifiés par un environnement morbide qui peut nous sembler loin. Mais c’est si proche, dans le temps, dans l’espace, dans la tête et dans le cœur.  On pleure avec ces femmes, on crie, on mord et on se débat, mais surtout on se bat, on ne se laisse pas faire et on ne tombe jamais, jamais dans le pathos ou la victimisation.

Ces femmes, les femmes, sont les éternelles sacrifiées et oubliées de toutes les guerres. Ici, l’autrice libanaise, à travers le récit romancé de sa propre famille, place sur le devant de la scène l’Histoire, la société et la religion du point de vue des Elles. Enfin. Un roman urgent, essentiel, indispensable.

Editions Actes Sud (2019)
Trad. Arnaud Bihel

Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine

Abad a treize ans et vit à la Goutte d’Or, au cœur de Barbès, dont les rues élèvent, absorbent et recrachent la population la plus démunie et la plus bigarrée de Paris. Comme tous les adolescents, il a des copains, des bagarres, des amours foudroyantes et des fantasmes sexuels. Mais il a aussi ses souvenirs de guerre et ses désirs d’une vie meilleure qui l’entraînent dans la nuit d’encre de son quartier, parmi les dealers, les mafieux, les prostituées et les galériens. Jusqu’au jour où la vie met en travers de son chemin une psychiatre excentrique et une voisine mélomane qui vont lui changer la vie…

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Les mangeurs d’argile, Peter Farris

les mangeurs d'argile peter farrisJesse a 14 ans lorsque son père meurt d’une chute en forêt. Son père avec qui il était très proche, qui lui apprenait la chasse, la forêt… Sa famille, maintenant, c’est sa belle-mère avec qui il a des rapports distants, et sa petite sœur qu’il aime tendrement.
Il reste aussi son oncle, un prédicateur charismatique et ambitieux.

Jesse erre en forêt, à chercher des réponses, à faire taire sa peine. La forêt où il se sent chez lui, qui est son domaine. Où un homme sdf, en fuite, rôde. Billy, ancien militaire, déserteur, terroriste, recherché depuis des années, va révéler à Jesse que l’accident de son père n’en est peut-être pas tout à fait un.

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Une bouche sans personne, Gilles Marchand

Un comptable plabouche sans personnenqué dans sa routine, son petit appart parisien, sa petite vie solitaire, ses habitudes rassurantes, et derrière son écharpe, se raconte.
Ça paye pas de mine au début. On se laisse faire. L’écriture est fluide, sympa. Le regard sur les autres est juste ce qu’il faut de piquant, méfiant, et drôle, et triste. On sent évidemment le truc plus profond qui vient titiller la curiosité.
Parce que le type, il cache un truc sous son écharpe, une malformation, une cicatrice, une plaie. Quelque chose de Secret, du passé enfoui.

Il retrouve ses potes tous les soirs, ou presque, au café. Quatre solitaires qui boivent des cafés arrosés de whisky, discutent (ou pas), tapent le carton (ou pas), se confient (peu). Lisa, la barmaid si jolie et pleine d’attentions. Thomas, qui croit avoir des gosses qu’il n’a jamais eu. Sam qui reçoit des lettres de sa mère décédée.
Le comptable, lui, ne s’est jamais confié sur rien de sa vie privée. En 10 ans. Ils n’ont jamais rien demandé. Puis un jour, l’écharpe se retrouve imbibée de café. Il ne peut envisager de l’ôter, il préfère fuir.
Quand il reviendra au bar, les questions vont surgir. Et… il va se décider à parler. A raconter. Se raconter. Lire la suite

L’avancée de la nuit, Jakuta Alikavazovic

avancee de la nuit alikavazovicPaul, un étudiant classique, tranquille, avec ses potes, ses études et ses petits boulots. Qui a une petite honte refoulée d’être d’un milieu modeste.

Il bosse la nuit dans un hôtel de la chaîne Elisse. Et y fait la connaissance d’Amélia. Fille richissime, qui vit à l’hôtel. Fille à la chevelure flamboyante. Fille mystérieuse et magnétique. Fille écorchée, sombre, et volatile. Comme un papillon de nuit.
La nuit, l’obscurité, ce qui va leur permettre de se trouver, de se réunir. Ce temps où tout devient force et intensité. Pour le meilleur et pour le pire.

L’avancée de la nuit parle d’amour, d’amour complexe, de destruction, de solitude. De la guerre (Bosnie). Des racines (du mal ?) : les mères absentes, en fuite ou décédée, dont la disparition a creusé le coeur de Paul et Amélia, a créé un déséquilibre, un creux au bord duquel ils se tiennent. Ou sombrent. Lire la suite