Une bouche sans personne, Gilles Marchand

Un comptable plabouche sans personnenqué dans sa routine, son petit appart parisien, sa petite vie solitaire, ses habitudes rassurantes, et derrière son écharpe, se raconte.
Ça paye pas de mine au début. On se laisse faire. L’écriture est fluide, sympa. Le regard sur les autres est juste ce qu’il faut de piquant, méfiant, et drôle, et triste. On sent évidemment le truc plus profond qui vient titiller la curiosité.
Parce que le type, il cache un truc sous son écharpe, une malformation, une cicatrice, une plaie. Quelque chose de Secret, du passé enfoui.

Il retrouve ses potes tous les soirs, ou presque, au café. Quatre solitaires qui boivent des cafés arrosés de whisky, discutent (ou pas), tapent le carton (ou pas), se confient (peu). Lisa, la barmaid si jolie et pleine d’attentions. Thomas, qui croit avoir des gosses qu’il n’a jamais eu. Sam qui reçoit des lettres de sa mère décédée.
Le comptable, lui, ne s’est jamais confié sur rien de sa vie privée. En 10 ans. Ils n’ont jamais rien demandé. Puis un jour, l’écharpe se retrouve imbibée de café. Il ne peut envisager de l’ôter, il préfère fuir.
Quand il reviendra au bar, les questions vont surgir. Et… il va se décider à parler. A raconter. Se raconter. Lire la suite

Reflex, Maud Mayeras

reflex-mayerasIris, photographe de scènes de crime (sens du détail, du gros plan sur des éléments, que l’on retrouve dans le style du roman), retourne dans son ancienne ville, la maison de son enfance, par un lourd concours de circonstances.
Et là, c’est tout le passé qui ressurgit petit à petit (sa mère violente, son fils assassiné, son père décédé) et qui la hante au point de la noyer.
Avancée lente et prudente pour s’en sortir. Échapper à tout ça. Vaincre ses démons. Lire la suite

L’amour et les forêts, Eric Reinhardt

L'amour et les forêts, ReinhardtL’histoire terrifiante d’une femme harcelée moralement par son mari, et qui rencontre un jour un homme qui va lui ouvrir les portes de la passion, du bonheur et surtout de la liberté.

Incroyablement troublant de trouver la plume d’Eric Reinhardt si féminine. La narratrice Bénédicte Ombredanne a une présence puissante et sensuelle, une psychologie fine et profonde. Lire la suite

Des hommes, Laurent Mauvignier

Des_hommes, mauvignierJ’ai l’impression que Mauvignier pourrait écrire sur le sujet le plus soporifique du monde et en faire une œuvre littéraire d’une intense qualité. Quelle écriture. Un style qui creuse dans la phrase, comme ils creusent jusqu’aux tripes des personnages, jusque leurs sombres secrets, leurs terribles angoisses, leurs failles. Un style qui tourne autour des mots, les retourne, les observe et les amène à se révéler dans des phrases d’une maîtrise incroyable.
Un style dense qui parvient à rendre palpable l’émotion des personnages. Très proche de l’oralité, de l’instant pensé, du désordre affectif.
De la prose poétique qui parle à l’humain. Lire la suite