Les choses humaines, Karine Tuil

choses humaines tuil gallimard dédicace rencontre[Rencontre mercredi 11 décembre 2019, 18h]

Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.

Portrait d’une famille toute en façade : entre faux semblants et hypocrisie. Un livre qui tourne autour du thème de la comédie sociale et de sa destruction, lorsqu’un scandale éclate.
Un livre qui raconte la dureté des relations humaines, le côté factice amplifié par les réseaux sociaux, les notes, avec une notion omniprésente de la compétition, de la réussite à tout prix, agressive.
Avec les profils de trois personnages féminins qui résonnent avec acuité avec les problématiques de femme aujourd’hui : indépendance, réussite professionnelle, diktats de la beauté, la maladie, la charge mentale…
Un livre qui questionne aussi le rapport au corps,  à la maladie, au vieillissement. Et demande ce qu’est le Mal, d’où il vient. Pourquoi l’on peut agir contre ses valeurs, comment soudainement l’on bascule. Ce qui révèle toute la complexité humaine.
Juriste de formation, Karine Tuil s’est documenté sur les affaires de viol, les procès, leurs mots, du côté des agressées mais aussi des agresseurs : l’autrice reproduit des phrases violentes, inhumaines, où la victime devient coupable.

Éditions Gallimard (2019)
Prix Goncourt des lycéens
Prix Interallié

Se taire, Mazarine Pingeot

Mathilde bien éduquée, issue de parents célèbres  se fait piéger par un homme politique, Prix Nobel de la paix. Elle a été violée. De cette violence psychique et physique, elle se tait.

Mazarine Pingeot nous interroge sur la question du silence, du secret qui est analysé au fils des pages comme une auto-destruction de son identité. En effet, son corps qui a souffert ne peut être guéri à cause du poids de la famille qui refuse de parler, de la défendre. Le silence traumatique devient un sacrifice au détriment de sa vie et de sa reconstruction très difficile.

Avec #balancetonporc ou encore #metoo, l’auteure surfe avec beaucoup d’adresse sur la manipulation masculine sur la perversité humaine.
Ce thriller est brillant percutant se dévorant avec beaucoup de fluidité.

Editions Julliard (2019)

 

Éden, Monica Sabolo

eden monica sabolo gallimardUn coin perdu, pauvre, une réserve. On ne sait pas où. On sait l’isolement, le huis clos d’une petite ville, les rumeurs qui vont avec, les regards en biais.
Il y a la forêt, immense et belle, encore imprégnée de mystère, de sombre, de magie.
Il y a les blancs et leur machines à déforestation acharnée.
Il y a le lycée.
Il y a la grosse autoroute qui traverse la ville.
Il y a le Hollywood, le bar où les ouvriers viennent boire plus qu’il ne faut.

Et Nita.
Qui s’ennuie un peu. Qui rêve de la prendre cette autoroute. Qui a sa vie monocorde.
Puis débarque Lucy. Avec son père, ils emménagent dans l’ancienne caserne de pompiers. Ils viennent de la ville.
Lucy est solitaire. Elle ne parle à personne, et personne ne lui parle vraiment. Ni les blancs ni les indigènes.
Lucy est double. Elle a toujours dans son sac une tenue de rechange, une jupe très courte, un tee shirt moulant, du maquillage. Loin du regard de son père, elle se métamorphose. Et elles parlent aux hommes. Ou les hommes lui parlent. En tout cas… très vite sa réputation est faite.
Mais Nita est aimantée, intriguée.
Parfois Lucy va dans la forêt. Un jour elle l’y entraîne et lui montre d’étranges symboles suspendus dans les arbres. Nita ne comprend rien. Lucy retourne à sa solitude.
Puis… des hommes, blancs, se font agresser par une immense, poilue, puissante, bestiole. Comme un être de la forêt, il déchiquète et disparaît dans l’obscurité.
Puis… un jour Lucy disparaît. Panique.
(Il arrive que ce soit des indigènes qui disparaissent, mais ça, tout le monde s’en fout.)
Une blanche. Il faut la retrouver.
Retrouvée. Violée. Muette.
On accuse l’indien. Lire la suite

Comme Dieu le veut, Niccolo Ammaniti

ammaniti comme dieu le veutUne petite ville de l’Italie. Rino Zena et son fils Cristiano vivent dans une maison encore à moitié en travaux, dans la crasse et le désordre. Le père ramène un peu d’argent grâce à son travail pour une entreprise de construction. Seulement… le fils du  patron a repris la direction, et désormais il embauche de moins en moins les italiens du coin, préférant confier le travail à des immigrés plus ou moins déclarés et dociles.
Et si les deux amis de Rino, rêvant d’un casse salvateur, avaient raison ? Lire la suite