Un monde sans rivage, Hélène Gaudy

monde sans rivage gaudy actes sudEn 1897, trois hommes partent en dirigeable survoler le Pôle Nord, pour le cartographier du ciel, le photographier, pour y larguer une balise qui marquera leur passage. Seulement, ils s’écrasent. En plein milieu de la banquise.
Trente ans plus tard, on retrouve leurs corps, et les traces qu’ils laissent derrière eux (photos, journaux, tissus…).

Hélène Gaudy raconte aujourd’hui cette histoire, après s’être documentée sur qui étaient ces hommes, ce qu’ils ont vécu, et puis elle a comblé les blancs. Ce livre devient alors à la fois un document sur ces explorateurs un peu fous, rêveurs, ambitieux, et un roman palpitant sur des personnages forts, confrontés à un monde rude.

Ces dandys de la glace se trimballaient, chacun, un traineau de 100kgs, à traîner sur la glace. Des traîneaux plein de nappes brodées, de foulard en soie, de champagne… Dans leurs journaux ils racontaient leur agapes, leurs fêtes, les beaux paysages. Une bonne humeur tenue presque jusqu’à la fin, où ils arrêtent alors d’écrire de raconter. Peut-être justement, parce qu’ils la sentent la fin, qu’ils ne veulent pas écrire le désespoir, la mort.

Dans une très belle écriture, douce, presque poétique parfois, Hélène Gaudy redonne chair à Andrée, Strindberg et Fraenkel. Leur donne un passé, des pensées, de dialogues. Dans leur aventure, le lecteur est spectateur attentif et passionné.

Hélène Gaudy évoquent d’autres explorateurs et exploratrices et fait de son livre un bel hommage à ceux et celles qui bravent les dangers, l’inconnu, les limites de leurs corps, au service de la science, mais surtout d’une soif de découverte, d’être là, au monde.


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