Underground Railroad, Colson Whitehead

Cora à 16 ans en 1850, 11 ans avant la guerre la guerre de Sécession. Elle est esclave à la plantation de coton des Randall, en Géorgie. Elle va fuir celle-ci, pour échapper à la malveillance des maîtres, mais aussi de certains esclaves de la plantation. Étant nés captifs, ne sachant ni lire, ni écrire, n’ayant aucune ouverture vers le savoir tout cela leur semble normal. Pour eux, c’est à qui aura une once  de pouvoir.

Avant cette évasion elle rencontre un jeune garçon (Caesar) esclave lui aussi, et tout juste arrivé à la plantation. C’est avec lui que la quête de liberté  va se faire vers les États libres du nord,  avec un chemin de fer sous terrain et secret. Celle-ci va vivre une incroyable traversée vers la délivrance.

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Une bouche sans personne, Gilles Marchand

Un comptable planqué dans sa routine, son petit appart parisien, sa petite vie solitaire, ses habitudes rassurantes, et derrière son écharpe, se raconte.
Ça paye pas de mine au début. On se laisse faire. L’écriture est fluide, sympa. Le regard sur les autres est juste ce qu’il faut de piquant, méfiant, et drôle, et triste. On sent évidemment le truc plus profond qui vient titiller la curiosité.
Parce que le type, il cache un truc sous son écharpe, une malformation, une cicatrice, une plaie. Quelque chose de Secret, du passé enfoui.

Il retrouve ses potes tous les soirs, ou presque, au café. Quatre solitaires qui boivent des cafés arrosés de whisky, discutent (ou pas), tapent le carton (ou pas), se confient (peu). Lisa, la barmaid si jolie et pleine d’attentions. Thomas, qui croit avoir des gosses qu’il n’a jamais eu. Sam qui reçoit des lettres de sa mère décédée.
Le comptable, lui, ne s’est jamais confié sur rien de sa vie privée. En 10 ans. Ils n’ont jamais rien demandé. Puis un jour, l’écharpe se retrouve imbibée de café. Il ne peut envisager de l’ôter, il préfère fuir.
Quand il reviendra au bar, les questions vont surgir. Et… il va se décider à parler. A raconter. Se raconter.

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L’avancée de la nuit, Jakuta Alikavazovic

Paul, un étudiant classique, tranquille, avec ses potes, ses études et ses petits boulots. Qui a une petite honte refoulée d’être d’un milieu modeste.

Il bosse la nuit dans un hôtel de la chaîne Elisse. Et y fait la connaissance d’Amélia. Fille richissime, qui vit à l’hôtel. Fille à la chevelure flamboyante. Fille mystérieuse et magnétique. Fille écorchée, sombre, et volatile. Comme un papillon de nuit.
La nuit, l’obscurité, ce qui va leur permettre de se trouver, de se réunir. Ce temps où tout devient force et intensité. Pour le meilleur et pour le pire.

L’avancée de la nuit parle d’amour, d’amour complexe, de destruction, de solitude. De la guerre (Bosnie). Des racines (du mal ?) : les mères absentes, en fuite ou décédée, dont la disparition a creusé le coeur de Paul et Amélia, a créé un déséquilibre, un creux au bord duquel ils se tiennent. Ou sombrent.

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Tout est brisé, William Boyle

Erica est dépassée, bouffée, abattue par une existence qui alourdit chacun de ses pas : son mari décédé d’un terrible cancer, sa mère décédée après une chute où elle s’est brisée la hanche et s’est doucement laissée mourir à l’hôpital, son fils parti depuis plusieurs années et qui ne donne aucune nouvelle, n’est même pas venu aux enterrements, et maintenant son père, qui
atteint un âge où il doit porter des couches, être soutenu pour marcher, et qui se révèle tyrannique – à dévorer les dernières miettes d’énergie d’Erica.

Erica qui oublie de manger, dort peu, a une mine terrifiante. Mais continue. Chaque jour, à se lever, aller travailler, s’occuper de son père, joindre les deux bouts du mieux qu’elle peut.
Puis, son fils, Jimmy, réapparaît dans sa vie. Le jeune homme, homosexuel, ne trouve sa place nulle part, est alcoolique et taciturne.

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Zouleikha ouvre les yeux, Gouzel Iakhina

L’histoire commence au fin fond de la Russie rurale, au Tatarstan. Fin des années 20. En plein hiver. Zouleikha se lève plus tôt que tout le monde, pour aller chaparder en secret une friandise de pommes séchées dans le grenier. Guettant les ronflements de son mari Mourtaza, elle traverse la petite maison, pieds nus sur le sol gelé. Mais c’est surtout de sa belle-mère, La Goule, dont elle a peur. Vieille femme aveugle, acariâtre et despotique. Qui la traite comme une esclave et l’humilie à la moindre occasion.
Mais Zouleikha trouve le courage d’aller voler cette sucrerie pour qui pour quoi ? On s’inquiète, on panique, on angoisse avec elle à chaque pas, à chaque craquement de bois, à chaque soupir du vent. Et on apprend, terrifiée, que ce n’est pour elle, un pique de gourmandise qui serait presque révolutionnaire vue son existence, ni pour un ami, un amant, une sœur qui serait comme un point d’ancrage d’amour et de solidarité dans ce monde glacial. Non. C’est pour le dieu de la rivière, qu’il transmette au dieu du cimetière qu’il prenne soin de ces 4 filles mortes en très bas âge.
Le ton est posé.

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