En 1979 dans une Europe où personne n’a gagné la seconde guerre mondiale, on suit des triplés orphelins au sein d’un foyer Sycomore pour garçons. Dans ce foyer – Vincent, Lawrence et William – vivent avec leurs trois mères qui se relaient pour s’occuper d’eux. Leur quotidien se résume à noter leurs rêves au réveil, prendre les médicaments administrés par les mères et étudier.
Mais en cette même année le gouvernement britannique souhaite faire fermer ces foyers qui représentent un coût trop élevé pour le contribuable et “socialiser” les enfants afin de les intégrer à la société. C’est là que commence la remise en question lorsque des personnes extérieures au foyer apprennent aux orphelins les vérités sur leurs origines et celles des foyers. Qui sont-ils? Que font les médicaments qu’on leur forcent à prendre? Où sont véritablement partis les autres orphelins qui ont quitté les foyers avant eux?
Dans ce roman Catherine Chidgey nous présente une uchronie légèrement dystopique avec brio. L’ambiance est très prenante et gagne en intensité au fil des pages, au fur et à mesure que les personnages découvrent le monde extérieur et que les secrets se révèlent.
Le fait que la plupart des narrateurs soient des enfants accentue l’enfermement dans un monde que l’on ne comprend pas et où tous les individus ne sont pas perçus comme étant humains de même droits.
Le livre de la culpabilité – Catherine Chidgey – Gallmeister
Catherine Chidgey est une romancière néo-zélandaise, diplômée en écriture créative, psychologie et littérature allemande. Ses romans ont acquis une renommée internationale et ont été récompensés par de nombreux prix. Elle vit en Nouvelle-Zélande et enseigne à l’université de Waikato. Le Livre de la culpabilité est son premier roman traduit en français.
Traduit par Johanne Le Ray
