Le temps qu’il fait à Middenshot, Edgar Mittelholzer

Middenshot, une petite ville où il pourrait ne rien se passer. Mais, dès le départ, l’auteur crée une ambiance étrange, soumise aux bourrasques, où forcément… les secrets vont se dévoiler.

Il y a Mr. Jarrow, qui depuis un accident, est convaincu que sa femme est morte, et ne s’adresse à elle qu’à travers des séances de spiritisme, accompagnée de sa fille Grace.

Grace, d’une bonne trentaine d’années, vit toujours avec ses parents, lien solide et monocorde entre ses deux parents. Elle prend sur elle et supporte les manies morbides et les remarques acides de son père, se permettant quelques rêveries à propos de son voisin, le cinquantenaire Mr. Holme.

Mr. Holme, ancien policier, ne serait pas contre un peu de compagnie, et la tranquille Grace Jarrow ferait certainement une bonne compagne, mais il passe tant de temps, et presque tout son argent, à entretenir ses serres, et à attendre la floraison d’une orchidée exotique.
Et puis, il y a Hyacinthe, la jeune femme pulpeuse et brusque qui vient faire le ménage chez lui…

Un soir de grand vent, Mr. Holme croise un homme étrange en pardessus fauve. Celui-ci lui confie une lettre à poster. Et disparaît dans la nuit.
Lorsqu’en fin Mr. Holme peut voir à qui est adressé la lettre : « Le porteur de cette lettre doit l’ouvrir. Absolument. »

« Avertissez les habitants de Middenshot que je serai cette nuit dans leur ville, et beaucoup d’autres nuits après celle-ci, pour y remplir mon de voir de Grand Exécuteur. »

Au même moment, les habitants de Middenshot apprennent qu’un fou sanguinaire s’est échappé de l’asile. Lorsque le vent tombe, après avoir amené ce Grand Exécuteur, le brouillard, épais et tenace, enveloppe la ville, et les crimes s’enchaînent…

Un roman à l’ambiance gothique et théâtrale, parsemé d’un humour décapant, au sourire grinçant et glaçant le sang jusqu’aux os. Mittelholzer s’amuse à mêler les genres littéraires, donnant une allure de conte bondissant et terrifiant à son histoire. On oscille entre rire et horreur. Et jamais on ne lâche sa lecture. La variété des points de vue, l’atmosphère de cette petite ville soumise à une météo hostile complice des pires crimes, l’entremêlement des plus troublantes pulsions de vie et de mort, le huis clos qui donne l’impression de faire intégralement partie des habitants de Middenshot, rendent ce livre fascinant.

1952
Éditions du Typhon, 2021
Traduction Jacques et Jean Tournier, révisée par les éditeurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.