Carrefour des drogues, y règnent en maîtres les narcos. Ils se baladent en grosses bagnoles, armés, dictent leurs lois aux habitants, recrutent les hommes et les garçons, tuent ceux qui ne les suivent et font fuir les autres. Un village presque fantôme habité par les femmes et les enfants.
Dans ce paysage, Dahlia de la Cerda donne une voix à ces femmes prisonnières, à leurs combats du quotidien et à leurs rêves. Toutes confrontées aux violences, elles cherchent le bonheur, celui à leur portée.
Avec la thématique fil rouge de la maternité, celle que l’on désire, celle que l’on refuse, celle que l’on subit, celle que l’on perd, le personnage de Médée traverse les destins. Une présence poétique et sauvage, intense et éthérée, qui pose sur les ventres des femmes une main bienveillante, et les aide à avoir ou ne pas avoir d’enfant.
L’écriture de Dahlia de la Cerda est rêche, frontale. Les histoires sont écrites à la première personne, comme une diatribe, une logorrhée ou un chant grec. Cela rappelle les tragédies où les bacchantes pleurent et hurlent l’injustice, fières dans leur douleur, tête haute face à la mort, les joues baignées de larmes.
Ce livre est un récit puissant, authentique et brûlant. Un cri de vie dans un désert dont la terre est habitée par les tombes clandestines.
Editions du Sous-sol
Trad. Lise Belperron
Dahlia de la Cerda, née en 1985 à Aguascalientes au Mexique, est une écrivaine, journaliste et activiste mexicaine. Elle est principalement connue pour ses livres Chiennes de garde (Perras de Reserva, en 2019) et Desde los zulos (2023), et son travail au sein de l’organisation féministe Morras Help Morras.
