Céline est une femme de 68 ans, issue de la haute bourgeoisie américaine, ayant grandi à Paris puis à New York. Répertoriée dans le bottin mondain, elle est allée à l’école dans l’Upper East Side (quartier huppé), puis s’est tournée vers des études d’art. Choix déjà atypique, elle surprendra tout le monde lorsqu’elle choisira de devenir détective privé. Habitée par sa « passion pour les perdants », comme le constate sa sœur, « elle n’acceptait d’enquêter que pour les causes perdues, celles qui n’auraient jamais pu s’offrir les services d’un détective privé. Céline mettait la main sur les disparus, les introuvables et avait un taux de réussite de 96 %, loin devant celui du FBI ». Céline travaille sur une de ses sculptures – une hermine écorchée regardant sa propre fourrure – lorsque le téléphone sonne.
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Le livre commence avec Gabriel, le curé de campagne en route pour bénir le corps d’une femme dans un asile. Quelques jours avant, au confessionnal, une autre femme lui a dit de regarder sous les jambes de la morte, et de récupérer les carnets. Gabriel découvre les carnets. Le médecin au comportement suspect.
Gabriel, sitôt rentré, ouvre le premier carnet et découvre l’histoire de Rose.
Dès les premières scènes, Rose est vendue par son père, contre une maigre bourse de pièces, au propriétaire d’une forge.
Elle arrive sur la propriété. L’homme vit avec sa vieille mère, et son épouse alitée, à la porte de la chambre close et interdite d’accès.
Le palefrenier dit à Rose de s’enfuir, vite et loin.
Elle reste.
L’ambiance est posée dès les premières lignes, parce que Franck Bouysse a une écriture qui râpe, qui accroche, qui va droit au but. Des mots simples avec beaucoup de puissance.
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Valérie Zenatti est autrice, et traductrice. Notamment traductrice des oeuvres d’Aharon Appelfeld depuis 2004. Cette rencontre va bouleverser sa vie, son intime. Elle en écrit d’ailleurs un livre, en 2011, un livre (Mensonges) qui évoque cette relation.
4 janvier 2018, Aharon Appelfeld décède.
Valérie Zenatti est dévastée. Elle se renferme, perd les mots.
Par ce livre, Dans le faisceau des vivants, elle raconte son deuil, le choc de la perte, le vivre sans. Elle raconte aussi comment elle s’accroche aux mots d’Appelfeld, à des images de lui, qu’elles cherchent, dont elle se nourrit, pour garder vivant la voix de cet homme si important pour elle.
Puis elle raconte son voyage, jusqu’à la ville où a vécu enfant Appelfeld. Cette ville Czernowitz, où les nazis sont venus l’arracher à sa vie.
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Au fin fond de l’Idaho, une femme et un homme, vieillissant.e.s. Ann, douce, aimante, attentionnée, guette avec amour et inquiétude son époux, Wade. Celui-ci a de soudains accès de démence : brutal, violent, il surgit derrière elle et lui écrase soudainement la tête contre la paroi du frigo, sans rien dire. Quelques minutes. Elle ne bouge plus, n’ose rien dire… Wade recule. La regarde. Ne comprend pas ce qu’il vient de se passer. Il sait juste, que, comme son père à son âge, il est en train de perdre la raison. Mais cette violence, Ann sait qu’elle vient d’ailleurs, d’avant, de la vie de Wade quand il était marié avec Jenny et avait deux jolies petites filles June et May. Elle sait le drame terrible qui a fait exploser cette famille. Mais elle ne sait pas pourquoi. Elle ne sait pas vraiment comment. Et cela la hante. La curiosité, la culpabilité, la compassion. Elle veut savoir, elle veut comprendre.
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[Rencontre le samedi 24 novembre 2018, 16h]
Prix Interallié 2018.
Londres, 1978-1979.
Des manifestations, des grèves, la ville ralentit, puis est paralysée. En plein hiver. Les poubelles s’entassent dans les rues, les problèmes de transport provoquent de tels retards que les londoniens ne travaillent plus que quelques heures par jour. Tout le monde finit par prendre un nouveau rythme. Tout le monde attend que quelque chose change, que quelque chose se passe.
Londres, hiver 1978-1979, punk rock, rage de vivre, envie de bouleversement.
Sid Vicious assassine Nancy Spungen, à sa sortie de prison il se suicide d’une overdose. Les Sex Pistols disparaissent, The Clash sont là. Et Joy Division. Moins violents, mais pas moins sombres.
Londres se meurt, se révolte, sent la rage de vivre et les poignets liés dans une société où il n’y a pas d’avenir. No Future.
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