Jewish Cock, Katharina Volckmer

Récit écrit à la première personne, une jeune femme raconte ou plutôt se livre à son gynécologue le temps d’une consultation, sur ses fantasmes et ses obsessions. Son langage est cru, direct, sans retenue. Elle s’adresse aux femmes qui ont renoncé à leur liberté, accrochées aux conventions sociales.

Sans culpabilité, cette jeune femme veut s’offrir « a jewish cock », allez savoir pourquoi, en nous offrant ce petit roman complètement fou et satyrique.

Editions Grasset (août 2021)
Traduit de l’anglais par Pierre Demarty

Née en Allemagne en 1987, Katharina Volckmer s’est installée à l’âge de 19 ans à Londres où elle travaille aujourd’hui pour une agence littéraire. Son premier roman, Jewish cock, dont les droits mondiaux ont été confiés à Grasset, a connu un accueil exceptionnel dans le monde entier. Traduit dans une quinzaine de pays, ce monologue « digne d’Alexander Portnoy » (The New York Times), « transgressif, incendiaire et plein d’humour noir » (The New Yorker), a été considéré comme l’un des meilleurs livres publiés en 2020 par The Times Literary Supplement, et comme « le livre le plus explosif de l’année » par le magazine Rolling Stone.

L’étrangère, Olga Merino

Angie est revenue dans le village de son enfance, en Espagne, depuis une dizaine d’années. Pourtant, elle est toujours l’étrangère. Celle qui vit isolée et solitaire dans sa maison, une existence rude, sèche, spartiate.

Un jour, accompagnée d’un autre réprouvé – l’homme noir, sans papier, ouvrier agricole consciencieux et calme – il découvre le corps de Don Julian , le grand propriétaire terrien de la région, pendu.
Un drame qui devient presque habituel dans ce coin d’Espagne, des suicides parsèment l’histoire de la famille de Don Julian et d’autres habitants.
Un passé troublant, dans lequel va commencer à creuser Angie.

Grâce à l’écriture d’Olga Merino, on sent la chaleur sèche d’Espagne, la poussière sous laquelle se terre les secrets, les regards en coin, les menaces latentes, et la puissance d’Angie, cette femme seule, qui affronte chaque obstacle avec opiniâtreté.

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Eichmann à Buenos Aires, Ariel Magnus

Décidément la capitale de l’Argentine est tendance ! 
Après les déambulations en compagnie de Marcel Duchamp narrées par Benoît Coquil dans Buenos Aires n’existe pas (éditions Flammarion), le livre d’Ariel Magnus nous conduit une nouvelle fois dans les rues de la capitale argentine.

Toutefois, dans ce roman, l’Argentine revêt son côté sombre. Buenos Aires abrite de nombreux nazis mêlés à des réfugiés juifs.

Ariel Magnus revient sur Eichmann, ce personnage diabolique de la seconde guerre mondiale responsable de la logistique  de la solution finale et capturé par le Mossad en 1960.

Ce livre est un roman très bien documenté comme l’avait fait Hannah Arendt.
Il dresse le portrait d un criminel nazi obéissant qui ne regrette rien. En effet ses pensées sont noires et terriblement glaçantes.

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Buenos Aires n’existe pas, Benoît Coquil

Ce livre raconte l’arrivée de Marcel Deschamps à Buenos Aires. En effet en 1918, celui-ci, artiste reconnu, décide de quitter New York. On est à la fin de la première guerre mondiale. Il va disparaître pendant 9 mois.

L’auteur part à sa rencontre pour enquêter sur la vie de ce personnage énigmatique.
Une  balade urbaine et artistique dans une Argentine qui connaît sa grande révolution et sa vague d’immigration européenne.
Benoît Coquil nous fait déambuler dans la ville, entre rendez-vous manqués de Marcel Duchamp avec Jorge Luis Borges et le déploiement des idées du cubisme.

Un livre à conseiller pour les amoureux de l’art contemporain et du voyage.

Editions Flammarion (août 2021)

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Une nuit après nous, Delphine Arbo Pariente

C’est l’histoire d’une femme qui se penche sur son passé grâce à une rencontre.
Mère de famille et amoureuse de Paul, son mari, Mona rencontre Vincent, professeur de Thai Chi. Grâce à cette relation platonique, elle se confie ; ses souvenirs longtemps enterrés se ravivent.
Petite fille, elle raconte l’histoire de trois générations : de sa grand-mère juive tunisienne, quittant en 1960, une valise à la main, pour un grand voyage, son pays natal, de sa mère timide, mariée au frère de sa meilleure amie Joëlle, de Mona persécutée par son père par la suite incestueux, qui lui enseigne le vol à l’étalage, qu’elle exécute pour lui plaire.

Avec une mère impuissante et déprimée, la construction de Mona est sombre « elle comprend que son père a tout pris, lui a pillé la beauté, défie l’honneur, désintègre le désir, il n’a rien laissé du goût des pralines » 

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