Une Bête au Paradis, Cécile Coulon

une-bete au paradis, coulon, avis, critiqueUne vieille ferme, isolée au bout du monde. Une vieille femme, courbée par le temps, tordue par les épreuves, dépose un bouquet de fleurs sauvages au milieu d’une fosse à cochons désertée.
Cette femme c’est Blanche, la dernière survivante, la dernière qui tient, la femme seule, la résiliente.
Avant elle, il y a eu sa mère, Marianne, mais surtout sa grand-mère Émilienne.
Le Paradis, c’est Marianne qui l’a nommé ainsi, ce coin du monde où elle pensait trouver l’harmonie et la paix.
Mais les drames et les épreuves en décideront autrement.

Quel livre.
Quelles femmes.
Quel lieu.
Cécile Coulon décrit avec âpreté, force, et intensité, cette ferme, ces paysages, et ces personnages. Ce roman est comme une tragédie grecque : huis-clos où se joue mille manigances, où les blessures ne se referment jamais, où la vengeance reste tapie en attendant son heure.
Dans ce roman, il y a des histoires d’amour merveilleuses, douces, romantiques, qui tiennent face à l’existence compliquée, qui sont ce pilier qui tient droit face aux tempêtes. Il y a des déchirures, du sang, des larmes, des cris et des silences où se montent les barricades, où la solitude est cette force où puiser quand tout le reste est trahi et souillé.

Cécile Coulon a l’art de rendre tout palpable, solide. La nature n’est pas un décor, c’est un personnage à part entière, qui cajole ou brutalise, qui enferme, retient, et épanoui, récompense. La nature et les animaux, sont le mal et la solution.

En voyant ces femmes, en les découvrant, les apprenant, elles, blessées, malmenées, mais toujours droites, on pense à Médée, à Circé, Phèdre, Antigone : des femmes qui affrontent, ne plient pas, qui peuvent aimer de tout leur cœur et leur corps, et peuvent se montrer rude, brutale, capable d’une vraie violence.

Une Bête au Paradis est un roman qui happe, bouleverse, émeut, fait peur, brutalise, malmène. Il n’y a jamais vraiment de moment où la paix s’installe, c’est tout en tension, en suspens, en méfiance, que l’on avance. Et l’on admire la Force et la Beauté de ces femmes puissantes et intègres.

Ed Iconoclaste (2019)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.