La langue cachée des choses, Cécile Coulon

On part avec Le fils sur les chemins de montagne/campagne. En quelques phrases, on sait que La mère était une guérisseuse, une rebouteuse, une sorcière. Qu’on l’appelle, qu’elle est âgée (mais ce n’est peut-être pas la seule raison) alors elle envoie son Le fils à sa place.
Sa première mission. Celle où il va de lui-même découvrir ce qui se dit derrière les silences.

Le fils (et La mère) ont ce don d’entendre La langue des choses cachées. Ainsi, quand il approche du village, il distingue ceux et celles qui ont été pendu·e·s il y a des années, des siècles peut-être, dans les rues du village il croise des silhouettes d’enfants qui ne sont plus que des fantômes, quand il passe devant une porte, une fenêtre, il peut entendre des cris qui depuis longtemps se sont tus… Et quand il entre dans la maison où on l’appelle, celle où l’enfant malade gît dans son lit, celle où le père aux épaules rouges reste courbé dans son malheur, il voit sur la table en bois du salon les nombreux viols commis.

Ambiance lourde de tragédies, de non-dits, de violence.

Le fils, novice, va se laisser entraîner jusqu’à une autre maison, jusqu’à l’interdit, découvrir ce qu’il se cache derrière le regard des vivants, découvrir des bribes du passé de sa mère.
Et se découvrir lui-même.

Un très court roman où tous les mystères ne seront pas révélés. Où l’on doit composer avec les secrets.
Un roman très sombre, lent, où on laisse le temps aux êtres de s’apprivoiser – tant bien que mal. Où l’on sent que Le fils absorbe ce qui l’entoure, devient celui qu’il doit être.

C’est mystique et intense, troublant et captivant.

Éditions L’Iconoclaste (janvier 2024)

Autres livres de Cécile Coulon sur notre site :
Une bête au Paradis (2019)
Seule en sa demeure (2021)

Originaire de Clermont-Ferrand, Cécile Coulon publie son premier livre à seize ans. Depuis, elle ne cesse de nous surprendre, de nous émerveiller. En quelques années, elle a publié sept romans dont Une bête
au paradis, un grand succès de librairie, récompensé par le prix littéraire du Monde, et deux recueils de poèmes dont l’un, Les Ronces a reçu le prix Apollinaire en 2018. Cécile Coulon est également éditrice à l’Iconopop, une collection de textes brefs et poétiques à l’Iconoclaste.

 

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