Le sel de tes yeux, Fanny Chiarello

fanny chiarello le sel de tes yeux l'olivierSarah est une adolescente vivant dans une petite ville du bassin minier. Elle est solitaire, elle fait beaucoup de course à pied, elle aime les filles. Elle se cache.
Parce qu’on ne peut pas être lesbienne dans son petit univers. Parce qu’on ne peut pas être différente.
Sa mère traque les signes, les traces, et les détruits, humiliant son enfant, l’enfermant, la regardant comme une dépravée.
Son père, image absente et invisible, l’homme de maison qui ne dit jamais rien et regarde sa télé.
Sa sœur qui est « normale » avec son petit copain et son avenir tout tracé.

Sarah n’a pas grand chose qui la sauve de la chute : la course, la musique, son amie Jasmine, plus âgée, comme une grande sœur réconfortante, la relation ambiguë et à distance avec Rose. Et elle se met à écrire. Mais tout doit être tenu absolument secret. Et quand des choses lui échappent, c’est la violence qu’elle subit. Lire la suite

Rhapsodie des oubliés, Sofia Aouine

Abad a treize ans et vit à la Goutte d’Or, au cœur de Barbès, dont les rues élèvent, absorbent et recrachent la population la plus démunie et la plus bigarrée de Paris. Comme tous les adolescents, il a des copains, des bagarres, des amours foudroyantes et des fantasmes sexuels. Mais il a aussi ses souvenirs de guerre et ses désirs d’une vie meilleure qui l’entraînent dans la nuit d’encre de son quartier, parmi les dealers, les mafieux, les prostituées et les galériens. Jusqu’au jour où la vie met en travers de son chemin une psychiatre excentrique et une voisine mélomane qui vont lui changer la vie…

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77, Marin Fouqué

77 marin fouquéLa Seine et Marne. Le 7.7. Un abribus. Un jeune homme à capuche se raconte. Au fil de ses pensées, dans un style oral percutant, brut et énergique, le narrateur décrit une vie rude, une vie en marge, à se construire dans la boue et sous les poings.

Au départ, c’est un trio soudé : le narrateur, celui à la gueule fragile, la fille Novembre qui s’affirme à coups de poings et Enzo le bon copain frondeur. Ils se soutiennent, toujours ensemble, ils jouent, se chamaillent, et grandissent.
Ils sont coincés dans ce département où le bitume grignote petit à petit le marron, où les vieux paysans, leurs soirées lotos, leur salon de coiffure dans le bar du coin, laissent peu à peu la place aux familles de Parisiens, qui restent à faire bronzette dans leurs jardins, et à traverser la ville dans leurs grosses voitures. Lire la suite

La menteuse et la ville, Ayelet Gundar-Goshen

la menteuse et la villeL’adolescence n’est pas une sinécure pour cette jeune Israélienne du XXIe siècle : les kilos en trop, l’acné, pas assez jolie, pas assez drôle, pas assez intéressante… Et en plus sa meilleure copine l’a lâchée pour la bande des cools du lycée ! Pendant cet été ennuyeux à vendre des glaces dans l’indifférence générale, Nymphéa rêve du regard d’un garçon qui métamorphosera sa vie comme dans une comédie romantique. A la place, c’est une ancienne star de télé crochet qui se pointe au comptoir et l’insulte pour évacuer la frustration de ses projets de retour ratés. Et va commettre l’erreur de sa vie en courant après la jeune fille tandis qu’elle part cacher ses larmes aux toilettes. Hurlant de désespoir, Nymphéa alerte le quartier qui saute à des conclusions évidentes : tentative de viol sur mineure. Au lieu de la démentir, elle va laisser gonfler la rumeur jusqu’au point de non-retour. Téléportée sur le devant de la scène, Nymphéa porte sa victimisation comme un charme et réalise tous ses rêves : elle devient jolie, intéressante et trouve même un petit-ami. Mais la culpabilité la ronge, et Ceux-qui-savent (ou croient savoir) risquent de la faire tomber violemment de son piédestal. Lire la suite

Éden, Monica Sabolo

eden monica sabolo gallimardUn coin perdu, pauvre, une réserve. On ne sait pas où. On sait l’isolement, le huis clos d’une petite ville, les rumeurs qui vont avec, les regards en biais.
Il y a la forêt, immense et belle, encore imprégnée de mystère, de sombre, de magie.
Il y a les blancs et leur machines à déforestation acharnée.
Il y a le lycée.
Il y a la grosse autoroute qui traverse la ville.
Il y a le Hollywood, le bar où les ouvriers viennent boire plus qu’il ne faut.

Et Nita.
Qui s’ennuie un peu. Qui rêve de la prendre cette autoroute. Qui a sa vie monocorde.
Puis débarque Lucy. Avec son père, ils emménagent dans l’ancienne caserne de pompiers. Ils viennent de la ville.
Lucy est solitaire. Elle ne parle à personne, et personne ne lui parle vraiment. Ni les blancs ni les indigènes.
Lucy est double. Elle a toujours dans son sac une tenue de rechange, une jupe très courte, un tee shirt moulant, du maquillage. Loin du regard de son père, elle se métamorphose. Et elles parlent aux hommes. Ou les hommes lui parlent. En tout cas… très vite sa réputation est faite.
Mais Nita est aimantée, intriguée.
Parfois Lucy va dans la forêt. Un jour elle l’y entraîne et lui montre d’étranges symboles suspendus dans les arbres. Nita ne comprend rien. Lucy retourne à sa solitude.
Puis… des hommes, blancs, se font agresser par une immense, poilue, puissante, bestiole. Comme un être de la forêt, il déchiquète et disparaît dans l’obscurité.
Puis… un jour Lucy disparaît. Panique.
(Il arrive que ce soit des indigènes qui disparaissent, mais ça, tout le monde s’en fout.)
Une blanche. Il faut la retrouver.
Retrouvée. Violée. Muette.
On accuse l’indien. Lire la suite