Le coeur synthétique, Chloé Delaume

[Dédicace le mercredi 14 octobre, 18h]

Après des années d’auto-fiction, des années d’essais, d’expérimentations linguistiques et personnelles, Chloé Delaume signe un livre sociétal, drôle, fluide, caustique, et féministe.

Adélaïde a une quarantaine d’années, vient de quitter son compagnon, s’installe dans un tout petit appartement, où les multiples livres emplissent les étagères, font des piles dans les coins, rétrécissent l’espace.
Atteinte de « l’épousite aigue », dès qu’elle rencontre un homme, croise un regard, s’imagine aussitôt la vie de couple, le confort matériel et la sécurité qu’elle apporte.
Mais, à son âge se pose aussi le problème de la « date de péremption » du corps. Une femme, dans notre société, c’est forcément beaucoup moins séduisant passé la quarantaine.

On va donc suivre Adélaïde dans ses pérégrinations de femme cherchant compagnon, faisant face à son invisibilité, aux échecs, aux déceptions, mais aussi, trouvant la force de dresser la tête petit à petit, de se détacher de ses diktats patriarcaux. Entourée de ses amies, dans des soirées où magie blanche et sororité lui permettent de se déconstruire pour mieux se reconstruire, entière dans un monde qui l’a disait « moitié de » tant qu’elle n’était pas en couple, elle va éclore à elle-même.

Un roman délicieux, piquant, où la langue de Delaume se délie dans un style où les mots dansent, virevoltent, frappent et sautillent.

Editions Seuil (août 2020)

Ensemble on aboie en silence, Gringe

Thibault et Guillaume sont deux frères que tout oppose, et pourtant, en apprenant que Thibault est diagnostiqué schizophrène, les liens du sang témoignent un amour sans filtre.

Ce récit de Gringe, auteur rappeur (avec Orelsan), acteur (série Bloqués), est écrit avec beaucoup de tendresse, de mélancolie, de nostalgie. Un triptyque de sentiments touchants.

Editions Harper Collins (sept. 2020)

Les graciées, Kiran Milwood Hargrave

Un plongeon au moyen âge de la norvège.

Maren, vingt-deux ans, fille de pêcheur et fiancée à un pêcheur, se retrouve seule avec les femmes du village après la mort de tous les hommes partis en mer et décimés par une tempête. Mais, à cette époque, la vie sans hommes ne se conçoit pas.

Un religieux arrive et c’est la chasse aux sorcières.

Une immersion dans ce monde masculin, un livre très bien écrit, un récit dur et passionnant. Manon va t elle bousculer cette domination masculine ? A lire et relire pour plonger dans ce monde si loin de nous et pourtant…

Editions Robert Laffont (août 2020)

Soleil de cendres, Astrid Monet

[Dédicace le Vendredi 18 septembre, 18h]

Un été de grosse canicule, comme il y en a de plus en plus, et plus en plus long, Marika amène son fils de 7 ans à Berlin, pour qu’il rencontre son père. Les circonstances de sa séparation avec Thomas et de son choix abrupt de retourner en France sont troubles, et vont s’éclaircir au fur et à mesure de l’histoire.

Laissant son fils Solal et Thomas ensemble pour la nuit, Marika prévoit de les retrouver le lendemain pour un brunch. Seulement, le lendemain matin, un terrible séisme dévaste la ville, et c’est dans les décombres, dans un Berlin gris de cendres, qu’elle va sillonner à la recherche de son fils.

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Ce qu’il faut de nuit, Laurent Petitmangin

Un père et ses deux fils. Une vie tranquille, avec ses malheurs, ses petits bonheurs, sa routine. Une vie quand même, où déjà, il faut se battre, résister, affronter. Le deuil de l’épouse, de la mère. Les factures pas toujours faciles à payer. Le coin (en Lorraine) où la vie et l’activité disparaissent.

Mais ce père et ses deux fils, cette petite famille, tiennent. Solidaires, proches, taiseux souvent mais dans le partage.

Jusqu’au jour où le père apprend que l’aîné, Fus, a été vu avec un groupe d’extrême droite. Il n’y croit pas tellement le père, c’est une erreur. Lui toujours de gauche, lui qui a amené ses fils tracter avec lui quand ils étaient jeunes, eux qui ont toujours connu les ouvriers, les employés, les cégétistes…
Fus esquive, noie le poisson.
Sauf que, oui, ils traînent avec ces gens. Ils collent aussi des affiches de Le Pen un peu partout.

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