Fleurs, Marco Martella

Marco Martella, écrivain-jardinier d’origine italienne, nous offre un sublime livre autour de la nature, de la flore.

« Depuis que je dirige la revue Jardins, j’ai croisé le chemin de toutes sortes de personnages. Certains d’entre eux sont des professionnels attitrés du jardin ; d’autres sont connus davantage comme écrivains, comme poètes ou comme artistes ; d’autres encore traversent le monde des jardins presque par hasard et parfois pour n’y faire que de brèves, fulgurantes apparitions.

Ils ont ceci en commun : qu’à un moment ou un autre de leur vie, ils ont rencontré ce qu’on appelle ‘la poésie des fleurs’, ‘la splendeur de la nature’ (des mots usés, mais inévitables lorsqu’on parle de jardins). Et ils n’en sont pas sortis tout à fait indemnes.

Les conversations qui suivent, que j’aurais pu intituler aussi bien Entretiens sur la beauté ou Dialogues autour des fleurs, des livres et des fantômes, relatent quelques-unes de ces rencontres. »

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Vies dérobées Cinzia Leone

Qu’est ce qu’une vie dérobée? Palestine 1936, la famille d’Avraham Azoulay négociant en textile se fait tuer.Son voisin Ibrahim son associé décide de s’approprier son identité et fuit avec un contrat en or. De la Turquie en Tunisie sur l’ile de Djerba, en passant par Miami et Bâle il survit, il décide de devenir Avraham Azoulay dans ses moindres détails. Cette usurpation d’identité le poursuivra toute sa vie , lui qui a tant cherché à être un autre, jusqu’à renoncer à ses racines, sa religion jusqu’à tout perdre comme l’amour de sa femme Miriam qui doit renoncer à son identité, se réapproprier les codes de conduite mais surtout celui de sa fille. Cette dernière convaincue de sa judéité part en Israel dans un Kibboutz et contribue à la construction de ce jeune état.

1938, en Italie. Giuditta, découvre son appartenance juive alors que les lois raciales entrent en vigueur et l’obligent à la dissimuler pour affronter une vie pleine de dangers. Giuditta sera forte, libre arbitre dans ses choix difficiles.


En 1991, Esther, sa fille et troisième héroïne de ce roman, le trait d’union entre les deux histoires se voit proposer un drôle de mariage et sera prise malgré elle dans un imbroglio identitaire aux conséquences imprévisibles.

Un roman choral, une fresque familiale aux couleurs méditerranéennes, qui traverse le temps, la guerre.Un roman qui donne une place magistrale au rôle de la mère dans la construction patrimoniale des générations à venir.Un vrai coup de coeur pour ce roman italien poignant à l’écriture envoutante et puissante

Editions Liana Lévi (parution mai 2021)

Billy Wilder et moi Jonathan Coe

Un petit bijou d’élégance et de raffinement pour le nouveau roman de Jonathan Coe. Au cœur de l’âge d’or hollywoodien, Calista jeune femme d’origine grecque se retrouve fortuitement à la même table que Billy Wilder. Son charme et sa jeunesse vont convaincre Billy de l’embaucher comme assistante traductrice sur son dernier tournage Fédora  qu ‘il tourne en Europe et en Grèce avec Marthe Keller, William Holden et Al Pacino . On apprend des choses sur l’intimité du réalisateur d’origine juive allemande d’Irma la Douce ou encore de Certains l’aiment chaud, sur la déportation de sa mère et des heures sombres et amères de la deuxième guerre mondiale. Billy Wilder est désormais dépassé par la vague de nouveaux réalisateurs comme Spielberg, Coppola ou Scorsese et amorce la fin de sa carrière.

Un roman pour les amoureux du 7eme art, sur le temps qui passe,  pour les nostalgiques d’une époque. Une pépite littéraire qui donne envie de se replonger dans la filmographie de ce génie.

Editions Gallimard (Avril 2021)

L’octopus et moi, Erin Hortle

Lucy est en rémission d’un cancer des seins. Elle a décidé d’avoir des implants mammaires, et sans savoir pourquoi les demande d’une ou deux tailles plus grande qu’avant.
Après une lutte contre la maladie, les traitements, son corps malmené, elle ne se reconnaît plus, et ses nouveaux seins attirent des regards qui la troublent.
Elle s’est perdue.

Un jour, elle sauve une pieuvre, dans l’accident elle perd ses deux seins siliconés.
Après une séance de psy, elle passe devant un salon de tatouage, et au lieu de se refaire faire des seins, elle décide de se faire tatouer des pieuvres sur le tout le torse.

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J’ai couru vers le Nil, Alaa El Aswany

Le personnage central de ce roman est la place Tahrir au Caire, en 2011. Nous sommes en plein printemps arabe. Une foule de personnages, de toutes origines et de diverses couches de la société égyptienne vont agir, réagir, interagir par rapport à cette période effervescente.

Le récit est souvent dur.
Le témoignage est d’une incroyable richesse.
Le style et la qualité d’écriture ne sont pas sans rappeler Naguib Melfouz.

Editions Acte Sud (7 Avril 2021)
Traduction : Gilles Gauthier