Les mangeurs de nuit, Marie Charrel

[Rencontre le Samedi 14 janvier 2022, 16h)

Dans les années 20, des migrants japonais s’installent au Canada, rêvant d’une vie meilleure. Ils sont pêcheurs, bûcherons, artisans. Vivant en marge de la société canadienne, ils ne parviennent jamais tout à fait à s’intégrer, et font venir du Japon leurs futures épouses : les pictures brides. Par un échange de photos entre les familles et « lettres de motivation » où ils exposent leur soi-disant réussite sociale, les hommes promettent sécurité et confort à des familles pauvres qui leur « vendent » leurs filles.
Hannah est la fille de l’une d’elle. Elle porte en elle les désenchantements, le racisme, la pauvreté et la rudesse vécus par sa famille. Mais aussi la poésie et les rêves.

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Biche, Mona Messine

[Rencontre le samedi 8 octobre 2022, ) 16h]

Une forêt, un matin, tout le monde se prépare : c’est jour de chasse. Gérald et sa bande se prépare : les femmes et les enfants qui s’occupent de la battue, les hommes armés qui marchent accompagnés de leurs chiens. En face, le garde forestier Alan bichonne la nature qu’il parcourt, il en connaît chaque recoin, tente de dégager des refuges naturels pour les cerfs et les biches qui seront bientôt chassés.
Et la Biche, personnage principal de cet ouvrage, qui va louvoyer entre les arbres, observer les humains, se camoufler, protéger les petits.

Au loin, l’orage se prépare.

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Eloge du lapin, Stéphanie Hochet

Rencontre le Samedi 13 novembre, 15h30

Le lapin, ce petit animal qui fait partie de notre quotidien depuis… toujours ? Stéphanie Hochet en trace l’historique à travers les arts, les représentations, les symboles.

Un animal ambivalent, tantôt petite boule de poil mignonne, douce, et réconfortante. Mammifère de compagnie pour les enfants.
D’autres fois, associé à la sexualité débridée et décomplexée. Il peut aussi être assimilé à la peur et la fragilité ou la ruse et l’espièglerie.

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L’unique goutte de sang, Arnaud Rozan

Dédicace le 6 octobre 2021 à 18h

Le premier roman d’Arnaud Rozan est puissant, noir dur mais essentiel.

Sydney, jeune homme noir est condamné par une famille blanche.
Son crime ? Avoir été pris au piège du désir de deux jumelles.
La sentence ? La pendaison de ses deux sœurs jumelles, la mort de ses parents et une maison brûlée.
Quant à lui , il est défiguré au bord de la mort et sauvé par le shérif de Chattanoga qui cache un secret: l’unique goutte de sang qui coule dans ses veines est noire.

Cette unique goutte pourrait le conduire à la mort. De le savoir pourrait compromettre son avenir. Il se penche sur le sort de Sydney en l’aidant à se reconstruire et à s’instruire. Sydney par les coups reçus demeurent amnésiques et sa rédemption lui permettra de partir s’émanciper dans le nord, vers les états abolitionnistes et progressistes.

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Le ventre des hommes, Samira El Ayachi

[Rencontre le jeudi 30 septembre 2021, 18h]

Hannah est une enfant issue d’une famille marocaine, immigrée en France au début des années 80. Ils vivent chichement mais soudés, dans une ville du Nord de la France, où le père est mineur.
Dans cette existence grise, entourée de corons, sous un ciel bas, Hannah trouve refuge dans les livres. L’intellectuelle de la famille, qui peu à peu, prend du recul avec les autres mais reste entre deux mondes.

Puis, adulte, Hannah découvre l’histoire de son père. Grâce à des documents officiels, elle retrace son parcours, du Maroc où la précarité et la sécheresse assaille les corps à la France, terre promise d’où un recruteur des mines en mission au Maroc, parvient à recruter plus de 100000 hommes. Le père, taiseux, est celui qui a vécu mille épreuves et a fini par s’engager dans le mouvement contestataire des mineurs marocains en 1987, face à la fermeture des mines.

Samira El Ayachi a une écriture vive et lumineuse, on sent le cœur battre entre les lignes, l’admiration pour des vies ballottées, des combattants solidaires. Par son regard chaleureux et plein d’humanité, elle nous fait découvrir un pan de l’histoire que l’on commence petit à petit à oublier.

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