D’acier, Silvia Avallone

d'acier, silvia avalloneDébut des années 2000. Piombino, en Toscane, fait face à l’île d’Elbe. Piombino, la petite ville ouvrière tourne autour de son usine de sidérurgie. Les hauts fourneaux fondent l’acier sous un soleil écrasant, coupent l’horizon de ceux, noirs de suie, qui travaillent à leurs pieds.

Deux adolescentes de treize ans, Anna et Francesca, sont comme des électrons purs et sensuels dans cet été pesant. Elles sont belles, pétillantes, toujours soudées l’une à l’autre, et ont l’appétit d’avaler le monde. Même si rien ne tombe jamais tout cuit. Car, déjà, elles connaissent les violences, la précarité, la solitude, et le lecteur les suit dans cette ville aux barres d’immeubles grises.

Silvia Avallone ne fait pas dans l’Italie carte postale. Piombino devient symbole de l’industrialisation qui écrase les gens, puis de la délocalisation qui les abandonne, symbole d’un avenir bouché, à regarder avec envie et colère cette île d’Elbe où les touristes aisés vont s’allonger sur les plages.

Ce roman prend aux tripes. On suit Anna et Francesca, lumineuses, pleine de vie, aux sentiments puissants, à la sensualité exacerbée. Oh, elles ne sont pas parfaites (elles sont vaniteuses, égoïstes, parfois cruelles, comme des adolescentes pour qui le monde ne devrait tourner qu’autour d’elles) mais on a peur pour elles, on a envie qu’elles s’échappent, qu’elles restent ensemble coûte que coûte.

D’acier est à la fois un roman social dur et sans concession et une ode puissante à l’amitié. Un livre sombre et sale et une histoire ardente et sensuelle.

Entretien Silvia Avallone.

Éditions Liana Levi (07.04.2011)

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