Fugitive parce que reine, Violaine Huisman

Dans ce premier roman autobiographique, coup de poing et coup de coeur, Violaine Huisman trace une véritable ode à la mère imparfaite.

Dans la lignée d’Albert Cohen avec son Livre de ma mère, l’auteure revient sur son enfance, pas tous les jours très roses, pour éclaircir, pour comprendre et peut-être dédouaner sa mère de ses erreurs, de ses failles.

Elle raconte, avec ses yeux d’adulte et l’amour de l’enfant, la mère maniaco-dépressive, la difficulté de cohabiter, de comprendre et d’accepter la bipolarité. Elle dit la difficulté de se construire en tant qu’enfant quand les bases ne sont pas stables, et les cadres parentaux mouvants. Elle parle de la colère que l’on ressent de ne pas avoir une mère comme les autres, de la honte parfois.

Mais surtout elle montre que l’amour filiale est inconditionnel ; que, même avec la maladie, la mère peut rester louve protectrice, et les enfants n’arrêteront pas de la voir en Reine.

Beaucoup de très beaux romans abordent ce thème, mais peu ont la justesse de l’émotion, l’attendrissement nécessaire sans tomber dans l’apitoiement.

Si vous aviez aimé En attendant Bojangles de Olivier Bourdeaut, Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan, ou même la Familia Grande de Camille Kouchner vous serez certainement touché aussi par ce très beau texte.

Edtions Gallimard – Folio (2018)

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