Deux ou trois choses dont je suis sûre, Dorothy Allison

Dorothy Allison choisit de parler des femmes de sa famille, celles de l’ombre, celles qui se taisaient, cachaient les secrets, et savaient. Agrémenté des photos de sa famille, Dorothy Allison raconte la rudesse, la pauvreté, l’opiniâtreté, la violence, dans lesquelles sa grand-mère, sa mère, sa sœur et elle-même ont vécu.

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Les métamorphoses, Camille Brunel

Isis est une femme d’aujourd’hui : célibataire, avec une chatte qu’elle anthropomorphise, végan, antispéciste, férue des réseaux sociaux. Un jour, sur son balcon, atterit une grue. Une grue, c’est déjà insolite, mais en plus une grue antigone qui n’a rien à faire dans cette région…

Soit… elle prend une photo, la partage sur les réseaux sociaux, est bientôt relayée partout, jusque dans les journaux télévisés…
Mais très vite, d’autres animaux apparaissent dans des lieux où ils ne devraient pas être.
En parallèle, des hommes et des femmes (mais surtout des hommes) disparaissent.
Très vite, on comprend que les événements sont liés.

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Vers les étoiles, Mary Robinette Kowal

En 1952, une météorite s’écrase dans l’océan, près de Washington. L’impact, suivi du tsunami, rase la Côte Est des États-Unis sur plus de 100km, puis touchera une grande partie du reste du monde.
Elma et Nathaniel York (elle mathématicienne et pilote – lui, ingénieur spatial) sont en week-ends lorsque la catastrophe a lieu, le couple va parvenir à rejoindre une base militaire, et très rapidement être impliqué dans l’équipe d’urgence – enfin surtout Nathaniel puisqu’il est un homme.

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Trencadis, Caroline Deyns

« Dans le prénom initial, Marie-Agnès, on entend la nostalgie du père : prénom d’une femme qu’il aurait aimé dit-il, la première, femme d’avant la mère.Dans le patronyme de Saint-Phalle, on entend, évidence même, ‘phallus’.Dans le surnom réclamé par la mère, Niki, on entend malgré tout ‘niquer’.Pour peu qu’on torde un peu les noms – parce que l’onomastique est un endroit où tout est permis – on pourrait en faire goutter une eau noirâtre, dégueulasse, sorte de prédestination sordide.
Mais tout dépend dans quel sens on décide d’essorer. »

Dans ce troisième livre, Caroline Denys s’attaque à la frêle, à la forte, à la mystérieuse, à la décriée, mère des Nanas. 

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Le coeur synthétique, Chloé Delaume

[Dédicace le mercredi 14 octobre, 18h]

Après des années d’auto-fiction, des années d’essais, d’expérimentations linguistiques et personnelles, Chloé Delaume signe un livre sociétal, drôle, fluide, caustique, et féministe.

Adélaïde a une quarantaine d’années, vient de quitter son compagnon, s’installe dans un tout petit appartement, où les multiples livres emplissent les étagères, font des piles dans les coins, rétrécissent l’espace.
Atteinte de « l’épousite aigue », dès qu’elle rencontre un homme, croise un regard, s’imagine aussitôt la vie de couple, le confort matériel et la sécurité qu’elle apporte.
Mais, à son âge se pose aussi le problème de la « date de péremption » du corps. Une femme, dans notre société, c’est forcément beaucoup moins séduisant passé la quarantaine.

On va donc suivre Adélaïde dans ses pérégrinations de femme cherchant compagnon, faisant face à son invisibilité, aux échecs, aux déceptions, mais aussi, trouvant la force de dresser la tête petit à petit, de se détacher de ses diktats patriarcaux. Entourée de ses amies, dans des soirées où magie blanche et sororité lui permettent de se déconstruire pour mieux se reconstruire, entière dans un monde qui l’a disait « moitié de » tant qu’elle n’était pas en couple, elle va éclore à elle-même.

Un roman délicieux, piquant, où la langue de Delaume se délie dans un style où les mots dansent, virevoltent, frappent et sautillent.

Editions Seuil (août 2020)